MALI : La CPI indemnise les victimes d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi

Ogossagou, CPI, Mali

La Cour Pénale Internationale a octroyé un fonds de 1,8 milliards FCFA aux victimes d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi. Ce mardi 30 mars 2021, se tient à Bamako, une cérémonie de remise de l’euro symbolique au Mali et à la communauté internationale par le Fonds au Profit des victimes de la Cour pénale internationale. Cette cérémonie de réparations symboliques du préjudice subi par les victimes de guerre commis par Ahmad Al Faqi Al Mahdi à Tombouctou aura lieu en présence de la Procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda, de la présidente du Conseil de direction du Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale (CPI), la malienne Mama Koité Doumbia, du secrétaire général adjoint de l’UNESCO, Xing Qu et des autorités maliennes.

Le lundi 29 mars 2021, à Bamako, Fatou Bensouda, la Procureure générale de la CPI, la malienne Mama Koité Doumbia, la présidente du Conseil de direction du Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale (CPI), le secrétaire général adjoint de l’UNESCO, Xing Qu ont rencontré la presse malienne pour donner des détails de la cérémonie de remise de l’euro symbolique au Mali et à la communauté internationale, une des réparations symboliques du préjudice subi par les victimes de guerre commis par Ahmad Al Faqi Al Mahdi à Tombouctou. Cette cérémonie, selon les responsables de la CPI, est une première en ce qui concerne les réparations pour les victimes de crimes commis contre des biens culturels. « Elle consiste en la remise d’un euro symbolique à la communauté malienne, à travers le Chef de l’État, et à la communauté internationale, à travers l’UNESCO, et constitue une occasion unique de reconnaître la valeur exceptionnelle du patrimoine et les conséquences que leur destruction a sur l’identité et le bien être des communautés. »

Selon les responsables de la CPI, au-delà de l’euro symbolique, qui sera remis aux autorités maliennes et à l’UNESCO, cette cérémonie est aussi l’occasion de reconnaître que la destruction de tels monuments affecte non seulement les communautés les plus proches, mais aussi l’humanité dans son ensemble et la communauté nationale. Lors de ces réparations du préjudice subi par les victimes de Al Faqi Al Mahdi, il y aura des réparations individuelles sous la forme de compensation financière symbolique, des mesures de réparations collectives( programmes d’activités génératrices de revenus à destination des personnes dont les revenus ont été affectés par les destructions), un processus de dialogue communautaire entre Tombouctiens sur les évènements subis afin qu’ils puissent décider s’ils souhaitent commémorer ce crime et un dispositif de restauration du patrimoine. « Cette visite de la CPI au Mali est historique. Le courage et la résilience des victimes est à saluer », a déclaré la gambienne Fatou Bensouda qui est sur le point de céder sa place de Procureur General de la CPI au britannique Karim Khan.

9 ans de prison pour Al Faqi

Le verdict du procès de Ahmad Al Faqi Al Mahdi, l’ex- chef de la Brigade d’Ançardine à Tombouctou est tombé le jeudi 17 août 2017. Selon Raul Cano Pangalangan, le juge de la CPI en charge du dossier, il s’agit de faire des «  réparations individuelles, collectives et symboliques pour la communauté de Tombouctou et le versement de dédommagements aux victimes, à hauteur de 2,7 millions d’euros le coût des réparations ». Le terroriste malien qui purge, depuis septembre 2016, une peine de 9 ans de prison, a été aussi condamné à verser un euro symbolique à l’État malien et à l’UNESCO en réparation des préjudices causés par la destruction des mausolées de Tombouctou. Toutefois, c’est le « fonds au profit des victimes à la CPI » qui doit débourser cet argent aux victimes car le détenu est reconnu comme « indigent » par la Cour. La Chambre a ordonné l’octroi de réparations pour trois catégories de préjudices : l’endommagement des bâtiments historiques et religieux attaqués, les pertes économiques indirectes et le préjudice moral. Les réparations doivent être collectives pour permettre la réhabilitation des sites et pour que la communauté de Tombouctou, dans son ensemble, se relève des pertes financières et du préjudice économique subis, ainsi que de la détresse. La Chambre a également ordonné des réparations individuelles en faveur des personnes dont les sources de revenus dépendaient exclusivement des bâtiments attaqués, ainsi que des descendants des défunts dont les sites funéraires ont été endommagés dans l’attaque. Né vers 1975, Ahmad Al Mahdi était membre d’Ansar Dine, un mouvement associé à AQMI, et collaborait étroitement avec les chefs de ces deux groupes armés dans le contexte des structures administratives et institutions mises en place par eux lors de l’occupation djihadiste du Nord du Mali. Jusqu’en septembre 2012, il était à la tête de la Hesbah (instance créée en avril 2012 pour promouvoir la vertu et prévenir le vice). Il était également associé aux travaux du tribunal islamique de Tombouctou et participait à l’exécution de ses décisions.

Source : Le Républicain

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