Mali : La crainte d’une corruption massive dans les mesures sociales contre le Coronavirus

Les mesures sociales annoncées par le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta ont été saluées par bon nombre de Maliens. Elles entrent en effet, dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 dans notre pays. Cela étant, beaucoup craignent une corruption massive lors du partage.

« Le gouvernement, pour ce faire, a décidé plusieurs mesures sociales qui coûteront à l’État, près de 500 milliards de nos francs dans les hypothèses basses. » ; « Un fonds spécial de 100 milliards de nos francs pour les familles les plus vulnérables sera mis en place, à l’échelle des 703 communes du Mali. » ; « Le Fonds de Garantie du Secteur Privé sera doté d’un montant de 20 milliards de FCFA destinés à garantir les besoins de financement des PME/PMI, des Systèmes Financiers Décentralisés, des industries et de certaines grandes entreprises affectées par la pandémie.»

Ces passages sont extraits du discours du président de la République SEM Ibrahim Boubacar Kéïta, le soir du vendredi 10 avril dernier, dans le cadre de l’annonce des mesures sociales pour compenser les dégâts économiques causés par la pandémie du Coronavirus dans notre pays. En effet, pour qui connait le Mali, et sa fameuse histoire de corruption depuis l’arrivée de la démocratie ou depuis la chute du Général Moussa Traoré, dont le régime était jugé autoritaire ou dictatorial, il est important de souligner le point.

La corruption est devenue aujourd’hui un moyen pour gagner de fortes sommes, un enrichissement illicite. L’annonce de ces dispositions ou encore de ces montants colossaux devra nous piquer dans l’esprit, pour qui connait le Mali et son histoire immédiate et proche.

La répartition de ces montants, à l’échelle des 703 communes, sera difficile. C’est là où le bât blesse. Comment ces critères de vulnérabilités seront-ils évalués ou conditionnés ? Sachant bien que chacun serait hanté sinon obnubilé par un esprit de partage individuel, intérêt particulier.

Comment ces personnes vulnérables seront-elles identifiées ? Est-ce que ces personnes seront loyalement servies et aidées par les responsables qui ont été chargés de l’exécution de la répartition des mesures annoncées ? C’est en tout cas les questions que nombreux Maliens seraient en droit de se poser dans la mesure où, dans notre pays, jamais les pauvres ne bénéficient réellement les avantages qui leur sont dus. Puisqu’il y aura toujours un barrage. Or, dans ce cas précis, tout doit être mis en œuvre afin de surveiller de très près les applications de ces mesures sociales. Les 100 milliards, et 20 milliards de francs CFA seront-ils livrés à destination ? À notre avis, cela pourrait être difficile, car la corruption est grande dans notre pays, et n’est pas punie comme il se doit.   

Selon le chef d’État « Le gouvernement du Mali est le gouvernement d’un pays pauvre, acculé sur d’autres fronts, accepte de consentir le plus grand sacrifice pour amoindrir l’impact négatif de la pandémie sur notre économie et notre société. » Cela étant vrai, alors les responsables devront tout mettre en œuvre afin de servir le peuple dans cette période de difficile liée au Covid19. Les entreprises privées impactées par cette maladie seront obligées de remettre dans les droits leurs employés ; si les mesures annoncées passent réellement dans le bon chemin. Attendons donc !

Le combat

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