Mali : la paix par les Maliens, une initiative du mouvement ‘’Maliens tout court’’

Le Mouvement ‘’Maliens tout court’’ initie une rencontre à Bandiagara pour parler de vivre ensemble, de paix et de cohésion sociale, afin de trouver une solution au problème entre les communautés du Mali. Notamment les Peulhs et les Dogons.

C’est le samedi 13 avril dernier que les communautés du Mali, à travers un mouvement dénommé ‘’Maliens tout court’’ se sont retrouvés à Bandiagara, dans la région de Mopti pour parler de paix, cette denrée si appréciable dont le Mali a tant besoin de nos jours vu les problèmes que nous vivons à travers le pays. Initiée par le Mouvement Maliens tout court, ce fora qui avait pour thème NATOUROU BATOUROU, INA GOTO BABA GOTO (Dogons et Peulhs sont les mêmes) se veut le lieu de conciliation entre Dogons et Peulhs, en un mot entre les communautés qui à travers le Mali s’entre déchirent aujourd’hui.

Des messages forts pour la paix

A Bandiagara se sont retrouvés, des personnalités éprises de paix et d’entente qui ont beaucoup été affecté par le conflit au nord et qui s’est aujourd’hui transporté au centre du pays, On pouvait noter la présence du chef Général des Kel Ansar de Tombouctou, en la personne de Abdoul Magid Ag Mohamed Ahmed dit Nasser, du chef de la communauté Sonrhaï de Gao, Moussa Souma  Maiga, du très respecté religieux de Bandiagara, Bara Sékou Salah Karambé qui n’ont pas manqué d’interpeller les uns et les autres par rapport aux nouvelles attitudes qu’ils sont en phase de prendre et qui ne les conduit nulles part. Pour Ibrahima Diawara, un Soninké du terroir et natif de Bandiagara, le mouvement Malien tout est l’arbre à palabre des communautés du Mali afin de retrouver nos liens. « Nous avons créé ce mouvement pour discuter et trouver une solution entre nous. Peulhs, Dogons, Forgerons, Tamasheks, Sonrhaïs, Arabes, Soninkés, Bozos, Forgerons, Bamanan… y ont leur place et s’y retrouveront. Nous voulons parler sans intermédiaire et le coup de maitre a été fait aujourd’hui à Bandiagara car Peulhs et Dogon ont juré de ne plus se faire la guerre et ceux en présence des forgerons. On ne se limitera pas à Bandiagara car dès le Samedi prochain, nous mettrons le cap sur Goundam en région de Tombouctou pour d’autres assises et un peu partout au Mali successivement pour éteindre les foyers de tension » a-t-il déclaré.

Témoignages

Tout au long de la cérémonie qui a réuni les communautés du Mali à Bandiagara, des messages forts ont été transmis à travers les discours des uns et des autres. Le maire de Bandiagra, Housseyni Kansay à appeler Peulhs et Dogons à l’union et à l’apaisement. « Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour rappeler que c’est nous qui sortons perdant de cette situation. Ceux que nous tuons ne sont qu’une partie de nous, alors nous nous tuons nous même. Il faut qu’on fasse la paix et que ceux qui sont partis reviennent afin qu’on vive ensemble. Dogons et Peulhs sont deux parties d’un même corps, on ne peut se passer l’un de l’autre. Le mouvement Maliens tout court doit être remercié et félicité de cette initiative car se parler franchement et face à face de ce qui nous unis et non de ce qui nous sépare est la seule façon d’arriver à une paix durable », signalait-il.

Le chef du groupe d’auto-défense Dogon Dana Ambassagou dont le chef Youssouf Toloba qui n’a pu effectuer le déplacement a aussi envoyé un émissaire pour rassurer le Mouvement Malien tout court de son adhésion à l’idée du mouvement qui est salutaire. « Nous sommes très heureux de l’initiative d’un fils du terroir de vouloir parler entre les frères Peulhs et Dogons et cela jusqu’à Bandiagara. Ce n’est pas rien et nous en sommes fiers et nous embrassons l’idée. Youssou Toloba n’a pas pu effectuer le déplacement mais il est de cœur avec le mouvement » a-t-il martelé.

À l’entame, le préfet du cercle de Bandiagara, Siriman Kanouté a rappelé que rien ne justifie le conflit que se mènent les frères Dogons et Peuls, Tamasheks et Songhay car le Mali est un et chacun se retrouve en l’autre. « Je me suis toujours demandé la cause de ce conflit entre mes frères sans en avoir la cause. J’ai bon espoir qu’avec Maliens tout court, la solution sera trouvée et que plus jamais les frères ne se feront la guerre car nous avons appris la leçon avec le ravage tout ressent d’Ogassagou », a –t-il martelé.

À sa suite, le représentant de la communauté Songhay Ousmane Maiga a rappelé qu’il n’existe pas de barrière entre les communautés du Mali et que ce qui se passe aujourd’hui est simplement un malentendu. Pour lui, le mouvement Malien tout court vise à rappeler aux uns et aux autres ce qui les lie et les ramener à une prise de conscience de leur égarement qui les pousse à s’entretuer.

Notons que des fatiha ont été prises avant la fin des cérémonies et une déclaration avec des recommandations des différentes communautés fut faite et lues à l’audience à la fin des travaux.

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