MALI : La République « islamique » en marche forcée.

Un accord trouvé entre les djihadistes et les donzons à Farabougou, accord qui s’étend à tout le cercle de Niono. Mais quel accord ! Les femmes sont libres de s’habiller comme elles veulent partout dans le cercle de Niono. Sauf dans les zones contrôlées par les djihadistes. Si n’est pas déjà une division ethnico-territorial du pays. D’autant plus que les Donzos ne sont que de pauvres cultivateurs que les djihadistes affament depuis de longs mois en empêchant d’aller cultiver leur champ.

Les donzons sont libres de se promener de porter leur tenue partout, de même que leurs armes… En contrepartie, les djihadistes, à travers tout le cercle de Niono, sont libres de prêcher, munies de leurs armes. (On se demande qui oserait refuser d’assister à un tel sermon !) Et dire que tout bricolage se fait au nom d’une hypothétique paix ! 

Qu’on soit donzo ou pas, aucun homme digne ne peut accepter de voir d’autres hommes aller dans son village  pour endoctriner ses parents sous la chicotte et la menace des armes. Car c’est cela le début du nouvel esclavage. Autant crever donc.

Les femmes peuvent s’habiller comme elles veulent, sauf dans les zones contrôlées par les djihadistes. Que diantre, quelle zone ne serait-elle pas sous le contrôle des djihadistes si ces derniers sont libres d’aller prêcher avec armes et chicottes dans chaque village du cercle de Niono ?

L’armée doit se retirer de Farabougou.

Si, dans un accord qu’on exhibe comme une victoire, les défenseurs de la nation malienne doivent abandonner leur position sous la pression des envahisseurs, il ne s’agit plus d’accord de capitulation. Et dans la zone concernée, aucun Malien n’a capitulé dans l’histoire. Tous ont résisté jusqu’au bout, jusqu’à la dernière goutte de sang, aussi bien face aux mêmes hordes d’El Hadji Omar Tall qu’aux colonisateurs venus d’outre-mer.

Mais il y a pire : quand deux groupes armés, tous les deux des hors-la-loi peuvent « s’amnistier mutuellement » de leurs crimes immondes, on est en droit de se demander où est l’Etat malien.

En résumé, chaque article de cet accord scélérat constitue une violation grave de la constitution malienne, pire, qui menace l’unité nationale et tout le caractère républicain de l’Etat malien. Si toutes les localités du Mali se mettent à négocier ainsi avec les djihadistes, dans moins d’un an, il n’y aura plus de Mali. Chaque pièce du pays voguera à la surface de l’océan comme des épaves. Et la « guerre ethnique » qu’on prétend vouloir éviter entrera de plein pied dans notre quotidien.  A chacun son territoire, ou plutôt tout le territoire du Mali à ceux qui sont armés par l’étranger, payés rubis sur ongle pour démolir leur propre pays.  Quant aux autres, de pauvres paysans armés de leur seul fusil de chasse, la soumission et l’esclavage. Les voies des traditionnelles de règlement des conflits, ce n’est pas ça, mon Dieu !

Ousmane Diarra

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