Mali : la révolte d’un peuple, le destin d’une nation

La situation sociopolitique actuelle du Mali et les enjeux sécuritaires dans la bande sahélo-sahélienne trouvent leur fondement dans l’essence même des politiques esclavagistes. Ces politiques qui sous-tendent le non affranchissement des peuples africains ont été capitalisées au fil de l’histoire et bien illustrées dans bien des relations franco-africaines.

Ainsi Charles De Gaulle, du haut de toute l’ingratitude vis-à-vis des peuples qui avaient libéré la France des griffes de l’Allemagne d’Hitler, avait laissé comme repère politique aux Dirigeants français ce qui suit : « Les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies, écartent toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français de l’empire ; la constitution éventuelle, même lointaine de self-government dans les colonies est à écarter. »

Les présidents français qui l’ont succédé n’ont jamais dérobé à cette règle vis-à-vis de l’Afrique

Tous les pays d’Afrique francophone noire sont jusqu’à nos jours bien gardés dans des enclos monétaires et militaires grâce à des prétendus accords de coopération. Evoluer donc en dehors de ceux-ci suppose le péril pour tout Etat francophone qui s’y aventurerait. C’est dans ce contexte d’assujettissement que vivent les peuples des Etats africains souverains depuis le lendemain des indépendances grâce à la complicité de leurs dirigeants.

Récemment après le désastre créé en Libye, pour maintenir son leadership dans son pré carré, la France, après la création du premier G5 sahel à Londres en février 2013, va subtilement assurer la présidence d’un deuxième G5 Sahel initié par le Président Mauritanien.

Ne pouvant pas s’imposer au premier G5 Sahel, la France utilise ses medias pour faire la propagande du deuxième G5 sahel et se positionne en numéro un. Elle s’accapare de la gestion de tous les points stratégiques : Trésorerie, commandement, fourniture d’armes et autres équipements militaires, carburant, construction.

La France s’auto proclame tuteur légal et porte parole du G5 Sahel devant la communauté internationale. Elle convoque et dicte ses principes aux présidents du G5 sahel avec des menaces qui ont fini par détruire toute volonté nationaliste des Chefs d’Etat du G5 Sahel. Elle ordonne même aux chefs d’Etat africains de mettre fin aux perceptions négatives de leurs peuples vis-à-vis de la politique française dans les ex-colonies. Pour compléter le puzzle, elle a bloqué les achats d’hélicoptères de guerre avec la Russie par le Burkina Faso et le Mali. Elle a même détourné une partie de l’argent destiné à l’achat de 50 blindés offerts par l’Union Européenne. Un détournement confirmé par Macron lors de la convocation de Pau.

Alors pourquoi la France doit elle s’inquiéter ?

Les enjeux actuels au Mali et dans l’espace G5 Sahel sont tels que l’avenir de la France en Afrique risque de se solder à court terme par une mort cérébrale.

La Chute d’IBK, présage un changement de politique militaire et sécuritaire au Mali. Les nouveaux patrons du palais de Koulouba ont l’intention de changer également de partenaire dans la lutte contre le terrorisme. Les yeux sont tournés vers l’ancien partenaire la Russie. Aux premières heures de la chute d’IBK, Macron s’est précipité pour appeler ses nègres de maison afin de prononcer des condamnations fermes et rigoureuses.

Elle introduit une notion d’intervention militaire à l’ONU mais la Chine et la Russie en imposent leur véto. Il a fallu attendre que les militaires rassurent qu’ils ont besoin de la France et son armée, parlant du respect des différents accords, pour que la France change de langage. L’ancien ambassadeur de France au Mali, n’a-t-il pas écrit sur son compte tweeter que les militaires ne parlent pas de déviation idéologique ?

Aujourd’hui, la France comprend qu’il ne s’agit pas d’une troupe de militaires illettrés sans capacité d’analyse géopolitique. Elle est tombée dans le piège tendu par les putchistes, en se désolidarisant très vite de ses pions traditionnels dans la CEDEAO qu’elle avait pourtant très bien choisis. Ainsi aujourd’hui ADO et Condé se sentent trahis. La France en commettant sa première erreur, n’aura certainement pas l’occasion de se redresser. Car comme Napoléon Bonaparte disait : « Ne jamais interrompe son ennemi quant il fait une erreur ».

La Russie au Mali que deviendra la France et son armée ?

Il est clair que la France sera obligée de laisser sa place à la Russie sans même qu’on la lui demande. Mais la bande sahélo sahélienne est d’une importance telle que la France ne saurait la quitter de bon gré. Elle va donc se rabattre sur les pays comme le Tchad, le Niger et le Burkina Faso. Barkhane sera repartie entre le Niger et le Tchad.

La situation pourrait devenir particulièrement difficile pour le Burkina Faso qui a toujours refusé une opération de type Barkhane sur son sol. La France pourrait faire multiplier de façon intensive les attaques terroristes pour contraindre les Dirigeants Burkinabè à accepter qu’elle implante son armée au Sud du Liptako Gourma. Ce qui lui donnera la possibilité d’ouvrir d’autres foyers de terroristes contre les pays du littoral. La solution viendra si les Autorités du Burkina Faso, décident de fédérer leur politique de défense avec celle du Mali en actualisant le traité de défense avec la Russie signé en 2017.

C’est triste de constater que la diplomatie africaine et particulièrement burkinabè, se tienne en spectatrice dans un marasme « kwashiorkorique » pitoyable devant le balaie diplomatique des impérialistes auprès des nouvelles autorités maliennes. La situation du Mali n’est pas seulement une situation de crise mais un sujet de géopolitique qui jettera les jalons de l’histoire du 21ème siècle. Combien dommage, que les Dirigeants Africains ne sont jamais là où l’histoire les attend.

Les Maliens doivent savoir que leur révolution est une déclaration de guerre à l’impérialisme français.

La France ne lâchera pas prise aussi facilement. C’est pourquoi, ils doivent oublier les principes de la « démocratie à la con » imposés par l’occident.

La démocratie dans un pays en guerre ne doit pas consister en une transition irréfléchie imposée par l’occident. Mais des hommes qualifiés pour la guerre. La France utilisera tous les moyens à sa disposition pour que la transition malienne soit un échec, à commencer par sa monnaie nazie le FCFA. Depuis 2013, le pouvoir central du Mali ne contrôle plus le Nord, mais la France s’est toujours arrangée pour que les terroristes dans cette localité ne manquent jamais de FCFA. Vingt-quatre heures après la démission d’IBK, la même France a demandé à ses sous préfets de fermer la BCEAO pour assécher les banques.

Les militaires au pouvoir doivent commencer des négociations avec le Gouvernement Ghanéen pour une union monétaire dans les semaines à venir si la France ne suspend pas l’approvisionnement de son FCFA aux terroristes. Cette monnaie pourrait s’appeler le Mali Cedis. C’est l’heure pour le Mali de se retirer de l’UMOA. Les maliens doivent donc se donner les moyens et le temps de rendre au Mali son indépendance, sa liberté et sa sécurité.

Œil D’Afrik

Le Président

Larba Israël LOMPO

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