Mali : la transition sur une béquille

En s’attaquant ouvertement et violemment aux grévistes, le président Bah N’Daw met en mal le peu d’acquis de la transition.

La transition sur la sellette. La faute à son président, Bah N’Daw, qui lors de sa visite en Côte d’Ivoire s’en est pris aux Administrateurs civils en grève illimitée depuis le 9 novembre et à l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) en grève de 5 jours depuis le lundi 14 décembre. « Avec l’état du Mali, comment quelqu’un qui jouit de toutes ses facultés mentales peut parler de grève à fortiori partir en grève », a-t-il déclaré devant les Maliens établis dans le pays de Félix Houphouët Boigny.

En s’adressant ainsi aux grévistes, Bah N’Daw met en mal la transition, qui bat déjà de l’aile. Car faut-il le rappeler que depuis leur installation, les autorités de la transition se sont illustrées par des violations des textes et des lois de la République en témoigne le nom respect du décret portant clé de répartition des membres du Conseil National de la Transition (CNT).

Au lieu de contribuer à faire baisser la tension et de faire renaître la confiance entre les maliens, le Grand (c’est son surnom) jette l’huile sur le feu à travers sa déclaration à l’emporte pièce. Puisqu’au-delà des grévistes, l’ancien ministre de la Défense sous Ibrahim Boubacar Kéïta, le président déchu, prouve une fois de plus qu’il n’est pas un homme ni un conciliant encore moins un homme de dialogue, pourtant une des vertus cardinales d’un homme qui dirige un pays fragile, comme l’a souligné lui-même. Il donne raison aux membres de l’UNTM qui parlent de mépris des autorités de la transition.

Des pertes estimées à des dizaines de milliards de FCFA

Aussi faut-il rappeler au président de la Transition, que la négociation reste la seule alternative pour Etat soucieux face à des partenaires sociaux, que sont les syndicats. Les menaces et les intimidations ne font qu’envenimer la situation déjà très explosive. La preuve, l’UNTM a quitté la table de négociation à la suite des ses propos, jugés « menaçants à l’encontre des syndicalistes (Travailleuses et travailleurs) exerçant leurs droits de grève ».

Que Bah N’Daw comprend qu’il gère un pays et par conséquent doit descendre de son piédestal pour écouter et dialoguer avec les Maliens, déjà meurtris par des années de crises. La population malienne reste la principale victime de cette grève de l’UNTM. Celle-ci fait perdre à l’Etat des dizaines de milliards de FCFA selon les estimations des économistes.

Au-delà des syndiqués de l’UNTM et des Administrateurs Civils, les propos de Bah N’Daw sont perçus par beaucoup de Maliens comme mal à propos et une provocation. Selon plus d’un il vient par cette déclaration faire échouer la première partie de la transition. Puisque sa sortie a mis en mal une bonne partie de la population qui a compris que le président de la Transition ne comprend que le langage de la force. Ce qui n’augure rien de bon pour la transition, qui est par définition considérée comme une période de consensus.

Maliweb

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