Mali : le maire de Diouna, Harouna Konaté, enlevé puis libéré contre une caution d’un million dans la région de Ségou

Enlevé le Samedi 14 septembre, en plein cœur de sa famille, Harouna Konaté, maire de Diuona, a été libéré hier dimanche, sous caution d’un million de nos francs. Dans cette localité de la quatrième région (Segou) où l’administration est presqu’inexistante, ce sont les Dozos qui se substituent à la justice et font la loi.

En effet, selon le maire rescapé, tout est parti d’un différend autour de la fourrière que les Dozos de sa commune voulaient gérer alors que sa gestion était confiée à la jeunesse de la commune en collaboration avec le conseil communal. “Quand ils m’ont approché, j’ai été clair en leur disant que la gestion de la fourrière ne peut pas être confiée à une autorité sans légitimité », explique le maire, ajoutant ses ravisseurs Dozos continuaient malheureusement de se promener en brousse d’où ils amenaient des animaux souvent arrachés à leurs propriétaires.

“Je leur ai intimé d’arrêter et menacé d’avertir les hautes autorités”, a confié Monsieur Konaté, qui finit par s’en référer au Prefet di Cercle de Segou en l’alertant par une lettre de l’imminence d’un conflit entre les Dozos et la Mairie. Une plainte à été par la suite introduite auprès du Procureur, lequel s’est manifesté par une convocation que le Maire s’est personnellement chargé de remettre aux intéressés, le vendredi 13 septembre. Mais au lieu de les rencontrer au tribunal, le Maire a plutôt reçu la visite, le lendemain le samedi à 16 heures, d’hommes habillés en tenues de chasseurs traditionnels venus le cueillir dans sa famille.

“Pieds et mains attachés ils m’ont mis dans un véhicule la tête introduite dans un sac afin que je ne puisse pas repérer la destination”, a relaté l’otage des Dozos, qui n’a été détaché qu’à Kolèbougou, non loin de San, où il est passé par l’interrogatoire musclé du chef des ravisseurs. Celui-ci, après avoir écouté sa version des faits, lui fit comprendre que les Dozos ne sont pas nos ennemis, mais plutôt des partenaires. Néanmoins, le Maire dut être verbalisé de la rançon d’1 million de nos francs sans même s’attarder sur l’objet du litige : la gestion de la fourrière. “Aujourd’hui, je suis libre”, s’est-il réjoui, tout en déplorant d’avoir payé 1 million pour sa liberté.

Et pourtant, après son enlèvement, confie-t-il, le 1er adjoint s’est chargé d’informer les autorités ainsi que les Famas, qui ne se sont jamais allés au secours.  “C’est à mon arrivée que des gendarmes sont venus m’auditionné”, a déploré le maire en pointant du doigt une l’insécurité exacerbée par l’inertie des FAMAs.  “Chacun fait ce qu’il veut sans être inquiété par les autorités”, a dénoncé le maire Konaté en révélant que beaucoup de communes sont orphelins de maire car la majorité des élus ont dû déserter leur ressort à cause des menaces sur leur personne.

Le Témoin

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