Mali : les autorités de la Transition sont acculées de toute part

La transition est sur des braises, grève des syndicats et crise sécuritaire, les autorités de la Transition sont acculées de toute part.

Au Mali, les autorités de la Transition sont soumises à une forte pression. Ainsi après la grève déclenchée par la synergie des syndicats des Administrateurs civils (qui se poursuit d’ailleurs) et le syndicat des travailleurs de l’hôpital Gabriel Touré, c’est autour du syndicat des surveillants de Prison mais aussi et surtout de  la puissante centrale syndicale de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) de déposer un préavis de grève.

D’ores et déjà, la grève déclenchée par les administrateurs civils et autres travailleurs du ministère de l’Administration Territoriale influe négativement sur la révision annuelle des listes électorales pourtant essentielle au respect du chronogramme de la Transition. Ces différentes grèves s’ajoutent à l’insécurité qui gagne chaque jour du terrain. Conséquence, le centre de gravité de la crise sécuritaire se déplace du nord vers le centre.

Le village martyr de Farabougou assiégé depuis des semaines est le symbole de cette insécurité grandissante. En effet, malgré la présence des forces spéciales dans la localité, la population ne peut pas vaquer librement à ses occupations. « On ne peut pas aller au-delà d’une dizaine de kilomètres du village », confie un habitant sous couvert d’anonymat.

On se souvient  encore de l’enlèvement, la semaine dernière, d’une dizaine de personnes à Dogofri, une localité située non loin de Farababougou. Celles-ci ont par la suite été libérées après d’intenses négociations. La situation dans la région de Mopti n’est guère reluisante. Des villages sont attaqués en longueur de journée par les forces terroristes.

Pendant ce temps, les autorités de la Transition sont ankylosées puisque incapables de se mouvoir. La visite à grand renfort médiatique et de publicité du vice-président, Assimi Goita, à Farabougou n’était qu’un coup de communication destinée à faire croire aux maliens que les choses bougent dans le bon sens. « Ce qui est loin d’être le cas.  Le pire est qu’elles (autorités de la Transition) ne savent même pas sur quel pied il faut danser », souligne un observateur.

Incapables d’agir, les autorités sont dans les cérémoniales avec des séances de photos interminables. L’organe législatif qu’est le Conseil National de la Transition (CNT) peine à être mis en place. La déclaration publique  des biens du Président et de son vice-président se fait toujours attendre. Le président de la Transition, Bah N’Daw, multiplie les discours guerriers au contenu creux sans aucun acte concret. Les ministres sont dans les prises de contacts près d’un mois après leur nomination. Ce qui fait que la vie de la Nation tourne au ralenti.

Conséquence : les maliens s’impatientent, du moins sur les réseaux sociaux. Les internautes s’inquiètent de la conduite des affaires publiques et demandent un changement de cap.

Maliweb

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