Mali : les autorités de Tombouctou réagissent aux propos du premier ministre Boubou Cissé

Alors que la route Léré-Tombouctou n’est pas encore finie, le premier ministre malien Boubou Cissé a affirmé qu’il va retirer la société en charge des travaux dans la région de Tombouctou pour le redéployer sur la route Kati-Didiéni dans le sud. À Tombouctou, les autorités communales et régionales annoncent qu’ils n’acceptent pas cette décision.

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« Nous avons demandé à l’entreprise (SATOM ndlr) qui était sur la route Léré-Tombouctou de plier bagage, pour venir s’occuper de la route Kati-Didiéni. C’est pour vous montrer que le gouvernement travaille là-dessus », le premier malien, Boubou Cissé a tenu cette déclaration le 26 août dernier lors d’une rencontre avec les jeunes de l’association Sirako de Kati qui se battent depuis quelques semaines pour la restauration de la route Kati-Kayes. Plusieurs journalistes maliens ont assisté à cette rencontre. « Le premier ministre Boubou Cissé a repéré à deux reprises cette phrase », nous confie le journaliste Malick Konaté, qui a participé à cette rencontre.

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La route de Tombouctou

À Tombouctou, cette déclaration a créé un effet de bombe car au moment où les populations souffrent de manque de routes, le chef du gouvernement annonce qu’il va retirer la société qui s’occupe des travaux de la principale route qui lie Tombouctou et le reste du pays. « On se pose beaucoup des questions, parce que cette déclaration intervient au moment où nous intervenons pour que les travaux de la route Tombouctou-Léré puissent redémarrer. Si l’État veut retirer la société qui travaille sur la route Léré-Tombouctou et le déployé dans le sud du pays pour faire d’autres routes, c’est très grave », dit le président du conseil régional de Tombouctou, Boubacar Ould Hamadi, à Nord sud journal.

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« Cette déclaration du premier ministre Boubou Cissé est très grave, cela veut dire que pour l’État, les autres populations du nord n’ont pas d’importance », dit le maire de Tombouctou, Aboubacrine Cissé à Nord sud journal. Si le maire de Tombouctou réagis ainsi, c’est parce que les travaux de la route Léré-Tombouctou étaient sur le point de démarrer au grand bonheur de la population de cette région. « L’entreprise avait arrêté les travaux à cause de l’insécurité et certains paramètres, mais il y a eu des discutions avec l’État et au dernier nouvelle, tout est rentré dans l’ordre pour que les travaux de la route Léré-Tombouctou redémarre », affirme le gouverneur de la région de Tombouctou, Koina Ag Ahamadou à Nord sud journal.

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« Si le premier ministre Boubou Cissé veut restaurer la route Bamako-Kayes, il doit chercher une autre société, mais pas celle qui n’a même pas fini son travail chez nous. Nous n’acceptons pas cette décision et nous allons nous battre pour cela », averti, Aboubacarine Cissé, le maire de la ville de Tombouctou.

La route Léré-Tombouctou a été interrompu en 2017 suite à une violente attaque revendiquée par des groupes armés liés à Al Qaida dans le nord du Mali. Plusieurs soldats maliens sont morts lors de cette attaque et plusieurs engins de BTP de la société française Satom qui s’occupe des travaux de cette route, ont été incendié. Depuis lors, les autorités régionales de Tombouctou avaient multiplié plusieurs démarchent pour la reprise des travaux.

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