Mali : Les discussions entre les militaires et la délégation de la Cédéao se poursuivent

Quel avenir proche pour le Mali ? Que va-t-il se passer après le coup d’État de la semaine dernière ? Qui va diriger la transition ? Les discussions entre les militaires et la délégation de la Cédéao dirigée par l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan se poursuivent.

« Plus de huit heures de négociations mais toujours pas de décision finale, entre les militaires qui ont renversé le président IBK et la mission de la Cédéao qui est au Mali depuis samedi. Mais Goodluck Jonathan reste optimiste. (…) Les échanges semblent être fructueux, selon les déclarations du chef de la délégation de la Cédéao. L’ancien président nigérian a affirmé hier que les deux parties avaient pu trouver un accord sur plusieurs points, sans plus de détails. Une nouvelle rencontre est prévue ce lundi. »

En tout cas, relève le quotidien L’Indépendant, « c’est l’après-IBK qui semble s’imposer comme une évidence aux émissaires de la Cédéao (…). Au cours des rencontres, à huis clos (de ce week-end), il a surtout été question de la remise en marche de l’État sans le retour du président aux affaires. Cela, contrairement à la position ferme affichée par l’Organisation sous-régionale, lors de son sommet virtuel sur la situation au Mali. »

Un militaire à la tête de la transition ?

Selon les dernières infos recueillis par RFI, « la Cédéao et les putschistes au pouvoir à Bamako seraient d’accord pour tourner la page IBK. Mais les discussions doivent se poursuivre sur une période de transition de trois ans proposée par les putschistes. » Une transition qui serait dirigée par un militaire.

D’ores et déjà, c’est non !, s’exclame le quotidien Le 22 Septembre : « Aucun militaire ne doit prétendre diriger la transition, affirme-t-il. Une transition militaire est inacceptable dans un pays habitué à la démocratie. Ce qui est souhaitable, c’est qu’un consensus puisse prévaloir entre acteurs politiques pour une transition civile. Sans militaire. Avec (à sa tête) le président de la Cour Constitutionnelle, le président de la Cour Suprême, ou encore le Médiateur de la République, entre autres. Tout sauf un militaire pour le retour à l’ordre constitutionnel normal ! »

La Cédéao « pragmatique » ?

Quoi qu’il en soit, la presse de la sous-région note avec satisfaction la position plutôt souple de la Cédéao…

« Enfin, la Cédéao revient à la raison », lance Ledjely en Guinée. « Elle s’était quelque peu égarée et avait conséquemment décidé de sanctions inappropriées et fait des exigences irréalistes à l’endroit du Mali et des militaires qui ont déposé le président Ibrahim Boubacar Keïta. Mais on semble désormais loin de cette posture qui n’était dictée que par la crainte que les derniers développements chez le voisin du nord inspirent au Guinéen Alpha Condé et à l’Ivoirien Alassane Ouattara, tous deux en proie à une forte contestation dans leurs pays respectifs. La Cédéao envisage désormais les choses avec un brin de pragmatisme, note encore Ledjely. La mission de l’organisation sur place a fini par admettre la réalité selon laquelle IBK relève du passé et qu’il fallait bien accepter de dialoguer avec les nouvelles autorités du pays pour essayer de construire le futur. »

Revoir sa copie ?

En effet, complète Le Pays au Burkina Faso, « la Cédéao risquait de s’aliéner la sympathie du peuple malien si elle s’obstinait à exiger le rétablissement d’IBK dans ses fonctions. »

Une chose est sûre, poursuit le quotidien ouagalais, « tant que les pays de l’Afrique de l’Ouest ne rompront pas avec leurs tares – tricherie électorale, corruption, passe-droits et gestion clanique du pouvoir, la Cédéao ne pourra jamais tourner la page des putschs. Elle a donc intérêt à revoir sa copie de sorte à prévenir plutôt qu’à s’évertuer à guérir. Aujourd’hui, par exemple, pointe Le Pays, tout le monde, sauf bien sûr les présidents des pays de la Cédéao, voit se profiler en Guinée le scénario d’un chaos lié à l’entêtement d’Alpha Condé à s’accrocher à son trône. Malheureusement, il n’y a personne parmi ses pairs qui ose lui dire la vérité. »

En tout cas, conclut Wakat Séra toujours au Burkina, « il importe maintenant que la junte malienne continue de faire preuve d’ouverture en organisant la transition politique qui devrait déboucher sur la remise du pouvoir aux civils, comme l’exige le jeu démocratique. Et c’est le challenge auquel doit s’atteler la Cédéao, qui doit également chercher à redorer son blason. »

 Avec RFI

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