Mali : Les populations de Tombouctou entre deux feux

Tombouctou insecurite

Depuis quelques années, la libre circulation des populations a connu un coup de frein brutal au nord du pays. Rappelons qu’avant l’occupation de 2012, cette partie du pays était un havre de paix.

Aujourd’hui, il est devenu risqué pour les pauvres populations de Tombouctou, par exemple, d’aller plus loin que les 4 km de l’aéroport de la ville sans se faire dépouiller. Pour qui sait que ces populations vivent d’agriculture pour la plupart, c’est un cauchemar. À côté de cette impossibilité de se déplacer librement, le hic est que ni les forces en présence, ni les autorités, ne font rien et, depuis quelque temps, au lieu d’attendre les usagers hors de la ville, nos amis malfrats viennent opérer au nez et à la barbe de tous, et personne ne dit mot. Les cultivateurs, les vendeurs de poisson, les forains ne peuvent plus se mouvoir.

« Circulation »

À l’intérieur de la ville, il y a des zones qui ont été classées rouge par les ONG à cause de la tension qui y prévaut et donc interdites aux véhicules 4X4, au risque de se les faire enlever. Le comble, nous dit-on, est qu’il y a un manque de synergie dans les activités sécuritaires au niveau de la région. Chacun essaye de faire de son côté, de se sécuriser soi-même et cela défavorise la confiance entre les gens. Néanmoins, les choses commencent à bouger. Nous savons que lundi prochain le Conseil Régional doit abriter des assises pour parler de la sécurité des hommes et de leurs biens. Une initiative qui dit espérer avoir l’écoute des acteurs sur le terrain pour être issus de ces derniers, car on sait que le président de l’autorité intérimaire est issu de la CMA. À cette rencontre, 3 représentants de chaque base des mouvements seront invités pour discuter sur la situation sécuritaire. Mahamane Boubacar Maiga, conseiller du président de l’autorité intérimaire nous confie : « ce sera pour nous l’occasion de plaider la libre circulation des personnes et des biens en tant qu’émanation de l’Accord. Sinon, concernant les différents problèmes, rien n’a encore été entrepris et nous souhaitons discuter de toutes les situations. Elles seront évoquées et des décisions franches sont envisagées, In Cha Allah » « De leur côté, les populations comptent sur la Minusma, qui n’a pas mandat en pareilles circonstances. Les Fama sont cantonnées et personne ne dit rien, alors que la sécurité est un domaine régalien de l’État » nous confie-t-on.

« Cauchemar »

Un élu, sous anonymat, déclare : « le hic est que la MINUSMA a profité de la fébrilité de l’État à tous les niveaux pour imprimer sa marque déposée. On ne voit qu’elle aujourd’hui, mais elle ne nous apporte rien. Je crois qu’il serait mieux qu’elle plie bagage. Les Fama sont aussi affaiblies par la légèreté du commandement. Ici, le gouverneur est une marionnette de la CMA, qui l’a imposé contre le gré de l’État, c’est honteux. Que Dieu protège le Mali, sinon, ici, être au parfum des choses est un véritable cauchemar ». Alors que nous mettions sous presse, nous apprenons l’enlèvement du véhicule de la BIM de Tombouctou, devant le stade municipal en pleine ville. Le pays est sous tension. Partout, il y a des foyers de tensions, les routes sont impraticables et la sécurité laisse beaucoup à désirer. Néanmoins, des solutions peuvent être prises si l’on va vers le respect des règles et ententes de l’Accord pour la paix et la réconciliation. L’État doit prendre ses responsabilités quant aux engagements pris dans le cadre de la sécurisation des personnes et de leurs biens, mais aussi, sur le plan du développement des différentes zones.

Youssouf AG Ibrahim

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