Mali : les raisons du maintien des sanctions de la CEDEAO malgré le choix d’un premier ministre civil

Le Mali est loin  de rétablir  les échanges commerciaux et diplomatiques avec ses voisins  pays membres de la Cédéao malgré la désignation  d’un militaire à la retraite à la Présidence  et un civil à la tête du gouvernement de la transition.  L’organisation fixe  comme condition la relecture de  la charte que  le CNSP peine  à satisfaire.

Au Mali, la Cédéao continue de faire pression sur les militaires qui ont pris le pouvoir il y a maintenant  43 jours.  La prestation de serment  du nouveau président, du vice-président  et la nomination du Premier ministre  de transition ne semble pas convaincre les chefs d’Etats de la Cédeao a levé les sanctions infligées au Mali suite au renversement de l’ordre constitutionnel.

La Cédéao  en obtenant la nomination d’un Premier ministre civil voudrait qu’il soit  chargé  de conduire, sous l’autorité du Président de la Transition,  des chantiers  de différentes réformes du dialogue national inclusif  et de préparer les prochaines élections présidentielles et législatives.

Pour ce faire, elle  pose comme condition sino-qua non la publication   de la version finale et officielle de la Charte de la Transition, où  figure «  la dissolution  du CNSP avant et après l’investiture du Président de la Transition, les responsabilités du vice-président  chargé de la sécurité et de la défense, l’impossibilité  pour lui de remplacer  le  président de la Transition et la durée de la transition fixée à 18  mois à compter du 15 septembre dernier».

Ces exigences posées toujours par la Cédéao compromettent les ambitions  du Colonel Assimi  Goïta et ses éléments qui veulent  jouer à la politique de l’Autriche en portant des civils à la Présidence et à la primature  alors que c’est eux qui continuent de tirer les ficelles.  Pour légaliser leurs prérogatives, les militaires qui ont renversé le pouvoir d’IBK le 18 août dernier n’ont pas  hésité à imposer leur propre charte  à la concertation nationale.  Laquelle prévoit,   dans son article 6, que   « le vice-président  est chargé des questions de Sécurité, de la Défense et de la Refondation de l’Etat », et  dans son article 7, que « le vice-président remplace  le Président en cas d’empêchement temporaire ou définitif ».

Ces prérogatives que  la charte  attribue au vice-président, Colonel Assimi Goïta, empiètent non seulement  les prérogatives du Président de la Transition et celles du tout nouveau Premier ministre de la Transition.  Et laisse carte blanche aux militaires de  décider en maître absolu sur les questions de sécurité, de défense et des réformes politiques et institutionnelles  que  les milliers de Maliens ont réclamé à travers les manifestations qui ont marquées  Bamako  depuis le mois de juin.

Comme le M5-RFP, la Cédéao  a  démasqué le jeu trouble  en  mettant la pression sur la junte  pour qu’elle remet le pouvoir aux civils et retournent dans  les casernes.  Tous les observateurs avisés  de la situation qui prévaut au Mali soulignent la pertinence  de la position adoptée par la Cédéao contre les militaires.  Ces derniers qui commencent à prendre goût aux délices du pouvoir  se trompent de mission.  Ils doivent profiter  du nouveau départ  que les Maliens rêvent  pour organiser  l’outil de sécurité et de défense afin de bouter dans le plus bref délai  l’hydre du terrorisme hors des frontières du pays.

La balle demeure dans le camp de la junte  qui doit très vite relire la charte en prenant en compte les conditions posées par la Cédéao afin  de  mettre un terme aux souffrances des populations.

Maliweb

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