Mali : les usagers de la route vers Tombouctou dans le dilemme

Tombouctou, braquage, voyage Mali

Les ponts sont désormais coupés entre Tombouctou et le sud du Mali. Il n’y a plus de voyage par la route qui ne soit risqué. Malgré l’envoi d’une centaine d’agents de sécurité, sur les 350 promis par le Premier ministre lors de son passage.

 À Tombouctou, c’est la décrue, et avec l’arrêt du bateau, comme l’avaient présagé les internautes, les braquages reviennent de la plus belle manière. Puisqu’il est désormais impossible de naviguer entre Tombouctou et Mopti, les usagers sont à nouveau obligés de prendre la route, malgré les dangers. Et les bandits sont eux aussi de retour. Face à la préoccupation, la société civile a fait une pétition pour amener les autorités à réagir. Elle a recueilli 1 200 signatures et a été remise au Premier ministre. Ce dernier avait promis de renforcer la sécurité par l’envoi de 350 agents. Aujourd’hui, une centaine est déjà sur place, mais cela ne dissuade point les bandits.

Mercredi, dans la nuit, au centre ville, un véhicule est ciblé pour être enlevé mais le chauffeur arrive à s’échapper. On lui tire dessus cependant. Jeudi, au petit matin, juste après la traversée par bac, un véhicule de transport en commun est cette fois-ci victime de braquage par deux fois. À une trentaine de kilomètres du fleuve, il est obligé de s’arrêter et mis sur le bas côté de la route par des hommes armés. Les passagers sont contraints de descendre. Hommes et femmes sont dépouillés de leur argent, téléphones et autres objets de valeur. Une fois le forfait consommé, ils peuvent continuer leur route. Seulement, ce n’est pas la fin de leur film.

Une deuxième fois, ils seront braqués et puisqu’ils n’ont plus rien pour se faire dépouiller, ils sont violentés. Selon les syndicats de transporteurs, les  autorités sont informées de la situation. « Pour le moment, rien n’a été fait pour nous venir en aide. Nos véhicules quittent ici pour aller à Bambara Maoudé et c’est entre Bambara Maoudé et ici que tout se passe le plus souvent. Je ne comprends pas qu’avec un camp à cet endroit on ne puisse pas éradiquer le banditisme. Ce sont toujours deux à quatre personnes armées qui braquent, mais l’armée ne fait rien. Pire, lorsqu’on nous rencontre avec une machette ou un bâton dans la voiture, on vous accuse de vouloir nous venger. Si tu ne me défends pas, tu dois au moins me laisser me défendre », se plaint Monsieur Haidara, un usager du tronçon.

Pour beaucoup de gens, leur vie est liée à ces voyages. Pour les chauffeurs, il y a de gros points d’interrogation. « On se demande souvent ce qu’il faut faire. On ne peut pas rester sans travailler, la famille risque de ne pas manger. Les autorités et l’armée ne nous assistent pas alors qu’il faut quand-même vivre », s’interroge Djiguiba, un autre habitué de la voie. Des initiatives sont prises pour solutionner l’équation et faciliter la vie aux usagers de la route. Du côté des autorités, des démarches sont en cours avec les responsables des bases pour les amener à inviter leurs troupes à plus de discipline et à dénoncer ceux qui exercent dans le banditisme.

Il y aura aussi très bientôt des patrouilles des éléments du MOC sur les routes menant à Bambara Maoudé et à Goundam, des axes connus pour leur dangerosité.

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