Mali : L’imam Dicko « La junte n’est pas venue parachever le travail pour ensuite s’accaparer le pouvoir et en faire ce qu’elle veut »

L’imam Mahmoud Dicko, l’invité de la chaine de Télévision Nationale Mienne hier 9 septembre. Au cours de son entretien, il a évoqué les raisons de sa lutte conduisant à la chute du régime. En parlant des pistes de sortie de crise, l’imam Dicko a invité les maliens à se diriger vers le même chemin.

Aussi pour éviter au pays de s’exposer à des sanctions qui ne lui profitent pas, il souhaite que le Mali se conforme aux règles de la CEDEAO, Interrogé sur une probable annonce prématurée de la fin de sa mission après la chute du régime, l’Imam Dicko a déclaré que « la fin de la mission ne veut pas dire que je ne suis plus dans le Mali. La mission ne finit jamais tant qu’on vit, tant que le Mali a besoin de ses fils, je suis là mais, être là dans la rue, contester pour aller vers la chute d’un régime, je crois que ça, c’est une mission qu’on n’a finie ».

Dans ses propos l’imam qui réagissait sur le fondement de la lutte basé sur le changement dira qu’il n’était qu’un élément. « Cette lutte là, ce n’est pas moi seul, c’est tous les enfants du Mali qui sont invités maintenant à aller vers ce changement. Moi je ne suis qu’un élément. Et je pense réellement que j’ai joué ma partition, c’est de faire en sorte qu’on arrive à une situation qui nous permet d’amorcer et d’engager un changement. Je peux être parmi les artisans de ceux qui ont facilité cela mais de là à dire que sans nous, il n’y a pas de changement, ce n’est pas ça ».

Au parrain de la CMAS d’affirmer que c’est de sa mosquée qu’il a tiré toute cette force qui lui a permis de mener cette bataille. « Donc, je ne peux pas, moi, ignorer cette mosquée. Si je retourne dans cette mosquée, c’est certainement pour aller mieux me ressourcer », Se prononçant sur sa déclaration dans laquelle l’imam soutient « personne n’aura plus un chèque en blanc dans la gestion de ce pays ». Il croit désormais que les Maliens doivent avoir une nouvelle attitude dans leurs approches de Gouvernance.

« Les jeunes (CNSP) ont fait un travail extraordinaire, maintenant, ils ont besoin de l’encadrement et l’assistance de tout un chacun pour que nous puissions amorcer la transition de façon honorable pour entretenir cette espérance suscitée par ce mouvement … C’est vrai leur (CNSP) attitude m’a paru un peu aller en solitaire mais depuis, ils ont quand même consulté toutes les forces vives de la nation, ce qui est normal, et pas seulement le M5. Le M5 est un élément dans un ensemble et je crois que personne n’a le droit aujourd’hui, de dire que c’est lui seul qui peut faire le changement… »
Par rapport aux divergences entre le M5 et le CNSP et au sein du M5 lui-même, l’imam trouve que « C’est un peu de l’intox ». En argumentant ses propos, il dira qu’on ne peut avoir des Hommes qui se mettent ensemble et qu’il n’y ait pas de points de vue divergents.

« C’est dans cette contradiction que certainement jaillira la lumière qui permet vraiment d’avoir la voie à souhaiter. Certes, le M5 n’est pas aussi homogène c’est tous des gens qui viennent d’horizons différents, il n’y a pas de raison qu’il ne puisse pas avoir des contradictions et c’est même démocratique qu’il y ait des points de vue divergents. Mais avec le CNSP aussi, c’est des jeunes qui viennent de l’armée, qui viennent avec leurs idées, leurs projets certainement si ce n’est pas partagé par tout le monde, il peut y avoir des divergences mais il n’y a jamais eu de rupture. Il n’y a jamais eu de conflits à ce que je sache, il y a seulement des points de vue qu’ont fait valoir chacun de son côté pour ensuite aboutir à en tirer ce qui est souhaité par le peuple. La junte n’est pas venue pour achever le travail pour ensuite s’accaparer du pouvoir » a noté l’imam Dicko.

Il a rappelé également aux membres du M5 qu’ils se sont battus pour un idéal et non pour des postes ; même s’il reconnaît que « les gens du M5 ont du mérite, on ne peut les jeter dans la poubelle ». Il a particulièrement jeté des fleurs sur les anciens membres du Gouvernement qui sont dans le M5 car ils ont eu le courage de dénoncer, de combattre le régime déchu.

Parlant des sanctions de la CEDEAO contre le Mali, l’imam souligne qu’elles ne sont pas amicales. Toutefois, Dicko soutient que « la CEDEAO est régie par des règles. Si vraiment nous sommes membres de cette organisation on doit accepter que ces règles s’appliquent sur nous comme tout le monde. Maintenant, ils ont donné des ultimatums, ils ont dit si vous ne faites pas ça, on va vous sanctionner. Je ne pense pas que ça soit amical dans le cas du Mali qui a traversé une telle crise.

La CEDEAO, ils nous ont accompagné, bon c’est vrai, mais pas de façon visible comme on le souhaitait …Et si aujourd’hui ils sortent le bâton pour essayer de nous dire ‘‘bon faites ça sinon on vous sanctionne’’, ce n’est vraiment pas amical. Ce n’est pas les pays amis-frères qui doivent se comporter de cette façon à l’endroit de l’un de leurs… Quand vous rentrez dans l’impasse, ce n’est pas la voie par laquelle, vous êtes rentré qui est celle où vous sortez. Il faut que nous ayons le courage de nous assumer pour chercher une voie de sortie. Si la communauté internationale le souhaite.

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