Mali : L’imam Dicko, pourfendeur du régime

Un homme surfe sur ce mécontentement ; il s’agit de l’imam Mahmoud Dicko. L’ancien président du Haut conseil islamique du Mali est devenu l’un des plus vifs pourfendeurs du président IBK.

En effet, pointe Le Pays à Bamako, « l’imam Dicko tire en grande partie sa popularité des failles, des incongruités et des contradictions du régime IBK. Certes, Mahmoud Dicko était déjà populaire avant l’accession d’IBK au pouvoir, mais c’est sous le règne de celui-ci qu’il est devenu incontournable tant dans la sphère politique que sur le terrain de la religion. »

Samedi dernier, l’imam Dicko n’a pas mâché ses mots, une nouvelle fois, à l’encontre du régime. Voici ses propos rapportés par Le Pays : « le moment est enfin venu que les Maliens brisent la chaîne de la soumission et de la résignation. Nous sommes un peuple de la résistance, un peuple debout. Il est grand temps de mettre fin à la tergiversation et au tâtonnement. Il faut nécessairement que le peuple malien prenne son destin en main… Le changement ne doit être ni un slogan creux ni des promesses non tenues. »

Mais l’imam aurait encore durci le ton, pointe le journal en ligne Malikilé, avec cette phrase : « Armez-vous qui de bâtons qui de haches ! Nous sommes 20 millions de Maliens, il y en a qui mourront parmi nous mais le Peuple va prendre son destin en main. »

Vers un dialogue ?

Du coup, l’imam Dicko a été convoqué par la justice pour s’expliquer sur ses propos séditieux. Mais avant-hier, ses partisans ont envahi le tribunal de la Commune V. « Pris de panique, relate Le Pays, le gouvernement a annulé la procédure, et l’imam est rentré chez-lui très tranquillement (avec les excuses du président). »

Malikilé s’insurge contre cette clémence soudaine : « un président de la République qui rase le sol devant un imam, c’est la dernière image d’un IBK qui fait honte à la République. »

Autre coup de théâtre : l’imam a finalement annulé son grand rassemblement anti-IBK qui devait avoir lieu ce vendredi, sous la pression, rapporte L’Indépendant, d’un autre chef religieux, le chérif de Nioro, et du ministre des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé.

Commentaire de L’Indépendant : « la marge de manœuvre semble être étroite pour le pouvoir qui doit envisager d’urgence un dialogue constructif avec le chef religieux tant redouté et éviter que ses « talibés » et autres soutiens ne prennent à nouveau la rue, dans le contexte actuel de ras-le-bol généralisé (…). »

Rfi

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