Mali: l’opposition malienne accuse la France d’ingérence sur le maintien de Boubou Cissé

La figure de proue de l’opposition malienne Mahmoud Dicko a accusé dimanche la France d’interférer dans la politique locale en apportant son soutien au Premier ministre malien Boubou Cissé, dont il réclame la démission suite à la mort d’au moins 14 manifestants par des soldats illégalement déployés pour faire le maintien de l’ordre.  

Le Mali est ébranlé par une profonde crise socio-politique depuis juin. Malgré des tentatives de médiation de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), aucune solution de sortie de crise n’a été trouvée. ‘Nous ne voulons plus de Boubou Cissé comme premier ministre », a martelé dimanche l’influent imam Mahmoud Dicko, lors d’une conférence de presse dans la capitale Bamako.  

Depuis la tuerie d’au moins 14 manifestants par des soldats illégalement déployés pour faire le maintien de l’ordre, l’Imam Mahmoud Dicko a officiellement demandé la démission du premier ministre Boubou Cissé. “Boubou Cissé n’est pas avec la majorité, il n’est pas avec l’opposition, encore moins la société civile”, a-t-il ajouté. M. Dicko a aussi affirmé que la France est « derrière les décisions de IBK », le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, de maintenir à son poste le Premier ministre. « Je ne suis pas un ennemi de la France, mais la France doit nous respecter et nous devons du respect à la France », a-t-il lancé.  

Fin avril, la Cour constitutionnelle malienne a invalidé une trentaine de résultats des élections législatives de mars-avril, dont une dizaine en faveur de la majorité du président Keïta. C’était la goûte d’eau qui a débordé la vase de la colère d’une partie de la population malienne au sujet de la mauvaise gouvernance. Une coalition d’opposants, de chefs religieux et de membres de la société civile réclame le départ du président malien, au pouvoir depuis 2013.  

Le Mouvement du 5 juin, étendard de la contestation du pouvoir malien, réclame la démission du président IBK. Le weekend du 10 juillet, une manifestation a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers, faisant 14 morts. « Nous sommes déterminés, nous n’avons pas peur et nous n’allons pas reculer », a déclaré l’imam Dicko, espérant que la nouvelle manifestation anti-Keïta prévue mardi « s’inscrira dans l’histoire ».  

Avec AFP

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