Mali : non au référendum…, tous contre la révision

Référendum, Mali, Révision constitutionnelle, Amadou Tham, Anté Abana,

Dans le cadre de notre rôle d’information, de communication, d’éveil des consciences ; bref, de service public, nous avons décidé au sein de la rédaction, comme ce fut le cas il y’a deux ans, de nous intéresser de près à la révision constitutionnelle que l’on veut imposer au peuple malien.

Cette fois, nous avons estimé qu’il fallait créer une rubrique hebdomadaire pour cette cause. Dans les colonnes dédiées à cet effet, nous allons essayer, toutes les semaines, d’expliquer aux Maliens que l’actuelle constitution est désuète, qu’elle a besoin d’être révisée,  mais que les conditions sont loin d’être réunies pour cela et que la volonté des plus hautes autorités à le faire est, non seulement commandée de l’extérieur, mais aussi, entourée d’inqualifiable mauvaise foi. Pour cette première, nous nous intéressons à ce que dit l’actuelle loi fondamentale pour ce qui concerne son changement.
«L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République et aux députés. Le projet ou la proposition de révision doit être voté par l’Assemblée Nationale à la majorité des deux tiers de ses membres.

La révision n’est définitive qu’après avoir été approuvée par référendum. Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire. La forme républicaine et la laïcité de l’Etat ainsi que le multipartisme ne peuvent faire l’objet de révision».

Le constitutionnaliste a été très clair en 1992 et le peuple y a adhéré. Aucune révision n’est possible si l’intégrité territoriale du pays est menacée. C’est d’ailleurs l’argument avancé en 2017 par certains farouches soutiens de 2019, à commencer par le ministre chargé des réformes, Amadou Thiam, qui n’est autre que l’ancien vice-président de «An te A bana». La plateforme qui a fait échouer le projet à l’époque, avec, il faut insister là-dessus, la majorité du peuple malien.

Aujourd’hui, même si, officiellement, ce cadre n’existe plus, ses plus importants militants et responsables sont toujours dans la même logique de lutte contre le référendum à travers une nouvelle plateforme : «Anw Ko Mali». Les arguments n’ont pas changé et sont toujours d’actualité : «La situation du pays ne se prête à aucune révision constitutionnelle», «réviser, c’est violer la Constitution», etc.

Et puis, de 2017 à nos jours, qu’est-ce qui a réellement changé du point de vue du recouvrement de notre intégrité ? Rien. Au contraire, chaque jour que Dieu fait, nous perdons le contrôle d’une portion de notre territoire.

Nord sud journal avec Nouvelle Libération

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