Mali : Politique ou religiosité, ce que veut la CMAS de l’imam Dicko

Politique ou religiosité, après un moment d’hibernation, l’imam Mahmoud Dicko refait surface. Il choisit pour cette sortie médiatique un moment où de persistantes rumeurs de remaniement gouvernemental courent les rues de Bamako.

A cela, il faut ajouter deux détails : la projection de grève des enseignants et l’arrestation de l’activiste Clément Dembélé qui dit lutter contre la corruption au Mali. C’est dire que pour la forme, l’imam devenu homme politique influent dans la rue ne peut mieux choisir le moment pour ses déclarations. Pour ce qui est de la forme, le ton et les sujets sont inchangés.

Lors de la conférence de presse du mardi dernier à laquelle plusieurs dizaines d’organes de presse ont pris part, son messager n’a pas porté de gants comme à ses habitudes. Au fil du temps, Issa Kaou Djim s’est formé auprès du père spirituel. Celui-ci, l’imam de Badalabougou lui voue une confiance mainte fois renouvelées.

La politique et religiosité

Alors, que veut Mahmoud Dicko ? Religieux atypique, l’imam semble lorgner avec appétit le grenier de la famille politique. Pour avoir été mis à contribution plus d’une fois pour apaiser des foyers de tension, il semble vouloir être un acteur de premier rang. Le faiseur de roi veut-il être roi lui-même ?

Dans ses déclarations antérieures, il a lancé des messages qui ont non seulement cultivé la peur mais surtout semé le doute. Son appel à la résistance avec machettes et coupe-coupe lui a valu une convocation par la justice. Grâce à la mobilisation de ses partisans, il a pu s’épargner un tête-à-tête avec un juge.

 Cette fois, à travers le disciple, il veut créer autour de lui une large coalition lui permettant d’être plus audible. La Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam de Mahmoud Dicko (CMAS) a réussi le pari de regrouper d’autres organisations politiques. Il s’agit du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FDS) en plus du mouvement Espoir « Mali Kura ».

Le coordinateur de la CMAS Issa Kaou Djim, a su surfer sur les défis auxquels sont confrontés le gouvernement et ses partenaires pour asseoir son argumentaire. Ainsi, il a évoqué la situation économique, la gestion des élections et les conflits inhérents à cet exercice en période de crise sécuritaire et sanitaire.

En gros, le bras droit de l’imam Dicko n’a pas fait de mystère quant à la volonté de son mouvement à initier des manifestations dans la rue pour faire entendre sa reprobation.

Cependant quelques questions restent sans réponses. Comment compte-t-il s’y prendre ? Quelle sera la réaction de l’Etat ? Wait and see !

L’essor

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