Mali: pourquoi le gouvernement nous cache des choses sur Kidal

À la dernière réunion de la Commission technique de sécurité (CTS), les partenaires ont demandé et insisté sur la présence de l’armée malienne à Kidal. Tous les participants (hormis la partie malienne) étaient unanimes sur le fait que l’Etat doit être présent dans la capitale de l’Adrar des Ifoghas.

Une proposition qui a été, à l’étonnement général, rejetée purement et simplement par le gouvernement malien, particulièrement le ministère de la Défense et des Anciens combattants. Raison invoquée : «Nous n’avons pas l’équipement nécessaire pour ce faire». Le ministère de la Défense a donc avancé l’idée du manque d’armement pour justifier son absence et son refus d’aller à Kidal.

 Le paradoxe, c’est qu’on parle, pendant ce temps, de montée en puissance des Fama (Forces armées maliennes) et qu’on remet des équipements flambants neufs à des soldats qui partent les «offrir» gracieusement aux GAT (Groupes armés terroristes).

Si nous parlons de ce sujet, ce n’est pas pour mettre à nu le mensonge d’Etat qu’est devenu «le cas Kidal», dès qu’il s’agit du gouvernement malien qui, visiblement, cache d’énormes choses aux Maliens à propos de sa non-présence dans cette ville.

Par exemple, pour ce qui concerne le MOC, il a été demandé 200 éléments à la partie gouvernementale ; malheureusement, elle n’a pu, et difficilement, convaincre qu’une soixantaine de soldats à partir pour Kidal. De ce groupe, aujourd’hui, il ne reste qu’une dizaine qui se plaint à longueur de journée de ses conditions de vie.

Par ailleurs, pour ce qui concerne le drapeau malien, il est également important que le gouvernement dise la vérité aux Maliens. Personne n’est contre sa présence à Kidal. Voici ce que disent les populations : «Ce n’est pas à nous de planter le drapeau et de le garder». Pourquoi l’Etat n’envoie-t-il pas l’armée pour veiller sur notre drapeau?

La vérité, aujourd’hui, au sujet de Kidal, réside ailleurs et dépend, pour beaucoup, de la faillite de la gouvernance actuelle et de l’incapacité de ceux auxquels les populations ont accordé leur confiance pour présider aux destinées  du pays.

Nouvelle Libération

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