Mali : Poursuite des usagers dans la circulation à Bamako

Bamako police Mali circulation

Dans les rues de Bamako, entre certains policiers et des usagers de la route, c’est comme chien et chat. Certains débordements créent même des accidents de la route exposants souvent certains policiers au lynchage par les populations

Il est 11, 23 novembre dernier et nous sommes à la jonction entre le café Broadway et le restaurant Amandine. La majeure partie des conducteurs de moto qui passent ici sont stoppés par les agents de la CCR qui ont installé leur ‘’poste’’ juste à l’autre angle de l’échangeur. Ici, les gens ne circulent pas sur la partie réservée aux motos mais plutôt sur celle réservée aux voitures donc, ils sont en infraction. La police est en droit de les appréhender donc et de conduire leurs motos au GMS afin qu’ils soient verbaliser et qu’ils payent une amende. Seulement, ce qui tique, c’est la chasse poursuite à laquelle s’exercent les policiers après les usagers.

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En effet, nous avons assisté à une course poursuite entre un propriétaire de moto et une autre personne, en tenue civile d’ailleurs. Les faits sont les suivants : le propriétaire de la moto, ayant été arrêté a profité d’un moment d’inattention de l’agent l’ayant arrêté pour pousser sa moto de toutes ses forces sur la descente allant vers la station Total à droite de la route. Les deux ont fait plus de 300 mètres de course l’un après l’autre. Et à la fin, le gars s’est arrêté et a discuter avec son poursuivant avant que ce dernier le laisse partir avec sa moto.

Ce cas n’est pas un cas isolé dans la ville de Bamako. De jour comme de nuit, on voit des agents de la circulation routière poursuivre des gens, pour ensuite les arrêter. L’exemple du policier qui a failli se faire lyncher près de l’ambassade d’Algérie, n’eut été le passage hasardeux d’un véhicule de la gendarmerie qui l’a embarqué ; celui sur la route de Moussabougou, près du 3e pont… tous ceux-ci nous poussent à nous interroger s’il est vraiment normal qu’un agent poursuive un usager de la route dans la circulation ?

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De jour comme de nuit, les hommes de la brigade spéciale d’investigation (BSI), montés sur leurs motos font la chasse aux engins (voitures personnelles, taxi et Sotrama) pour ensuite les laisser partir. Nous avons essayé de tendre notre micro au commissaire Abdoulaye Coulibaly qui n’a pas voulu réagir pour faute de temps dit-il.

Nous pouvons quand-même retenir que ces poursuites mettent assez d’usagers dans des situations inconfortables mais elles ne sont pas fortuites. Il sera judicieux que chacun prennent ses précautions pour les s’octroyer les documents nécessaires, se mettre en règle, pour ne plus avoir à fuir ou être injustement pourchasser.

Youssouf Ag Ibrahim

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