Mali : Prochaine présidentielle, les forces et les faiblesses des 5 favoris potentiels !

La libération de Soumaila Cisse, président de l’URD, rebat les cartes des élections présidentielles normalement prévues pour 2022. La rapidité de l’ex chef de file de l’opposition à se jeter dans la bataille après 6 mois de captivité apparait comme le début d’une opération de charme avant un exercice qui s’annonce ouvert et rude.

Sur son chemin, le triple dauphin de ces dernières présidentielles devra se méfier de deux loups de la nouvelle génération. Housseini Amion Guindo de la Codem et Moussa Mara de Yelema puisque c’est d’eux qu’il s’agit, ils apparaissent comme des véritables concurrents qui pourraient ravir la vedette à l’ex élu de Niafunké.

Dans une moindre mesure, Aliou Boubacar Diallo de l’ADP- Maliba et Cheick Modibo Diarra du RpDM respectivement arrivés 3ème et 4ème à la dernière présidentielle peuvent également jouer le rôle de trouble- fêtes.

Ils ont pour noms Soumaïla Cisse, Housseïni Amion Guindo, Moussa Mara, Aliou Boubacar Diallo et Cheick Modibo Diarra, tous candidats potentiels à la course pour Koulouba en 2022. Contrairement à 2018, les jeux sont très ouverts et peuvent être transparents compte tenu de plusieurs facteurs.

Parmi ces 5 noms qui vont aller avec la faveur de nos pronostics, un tour des atouts et des faibles de chacun permet de jauger les chances.

Soumaila Cisse, la vieille garde loin d’incarner le changement  espéré

Pour combien de temps encore l’ex élu de Niafunké va surfer sur l’éphorie populaire de sa libération ? S’il est pour le moment difficile de répondre à cette question, il est évident par contre que cet élément de la vieille garde politique ne tardera pas à être rattrapé par sa gestion sous le magistère de Alpha Oumar Konaré.

Fonctionnaire milliardaire dans un pays très pauvre, Soumaila Cissé va devoir s’expliquer au sujet de sa gestion de la CMDT. Outre ce dossier qui le suit comme son ombre, la carte Soumaila Cissé contrasterait avec la volonté de changement exprimée par le peuple dans la rue.

Aux yeux de plusieurs observateurs, il ne serait pas l’homme par qui le changement de gouvernance dans notre pays devra venir. Dérivée de l’Adema qui a largement contribué à plonger notre pays dans les abîmes, l’URD aura du mal à se dépêtrer de ce cliché gênant. S’il est vrai que le bon sens interdit de tirer sur un corbillard, les premiers propos  de Soumaila Cissé juste après sa libération et qui apparaissent comme des propos de trop, risque de lui porter préjudice. « Comme en football, on ne retient que le buteur, je salue les nouvelles autorités » a souligné l’ex chef de file de l’opposition qui n’a visiblement pas été affecté par ses 6 mois de captivité.

Au-delà du caractère choquant et ingrat de ses propos envers celui qui amorcé la procédure de sa libération, ils révèlent un homme à la rancune tenace. Faut-il confier le pays à une telle personne ? Au moment opportun, il appartiendra au peuple malien d’en décider.

Une chose est sure, l’erreur n’est plus permise. Pour nous, il est clair que si un Boua doit remplacer un autre, on serait tenté de dire que le Mali n’est pas encore sorti de l’auberge.

Alou Badra Diallo, un contexte défavorable

Opérateur économique de son état, Alou Boubacar Diallo figure parmi les gens qui font de la politique un lieu de refuge pour oublier un temps leurs déboires financiers. Aujourd’hui en difficulté financière selon plusieurs sources, il ne pourra pas non plus compter sur le chérif de Nioro pour se hisser à son niveau de 2018.

Les dernières législatives qui ont vu la défaite du parti ADP-Mali dans son fief à Nioro est un signe qui ne trompe pas. Le facteur qui a été déterminant pour obtenir le soutien de Bouyé Haidara n’est plus d’actualité. Il s’agit de son divorce avec l’ex président Ibrahim Boubacar Keita, qui a été chassé du pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat orchestré par les militaires en 2020. Du coup, pour plusieurs observateurs, les chances de voir l’homme d’affaires politicien récidiver ses exploits de 2018 sont quasi nuls. Malgré tout, il garde intact sa capacité de trouble-fête. Qui le succèdera à cette place de presque faiseur de roi ?

Cheick Modibo Diarra, une politique sur le déclin

Disposant d’un capital sympathie auprès d’une franche de notre population, l’ex premier Ministre de la transition de 2012 a suffisamment pris du recul après la présidentielle de 2018 pour prétendre jouer les premiers rôles aujourd’hui. En plus, l’affranchissement de l’un de ses soutiens de tailles aujourd’hui est considéré comme un handicap très préjudiciable à l’astrophysicien.

Pour beaucoup, il doit sa quatrième place de 2018 au soutien du parti Yèlèma de Moussa Mara et de plusieurs micros partis et associations. Son âge et sa santé de nos jours fragiles, sont également des facteurs qui font qu’il est difficile d’imaginer qu’il puisse jouer les premiers rôles. Cependant, même amputé de Moussa Mara et peut être de Koniba Sidibé, l’enfant de Ségou peut également jouer le rôle de trouble-fête.

Les candidats d’un tournant générationnel

Parmi ces 5 candidats, deux incarnent à nos yeux le changement, il s’agit de Housseïni Amion Guindo de la CODEM et Moussa Mara de Yelema.

Moussa Mara, l’eternel incompris

Moussa Mara, un temps considéré comme l’espoir politique à ses heures de chaudes empoignades avec l’ex président IBK en commune IV, le fils de Joseph Mara a vite déçu la franche qui croyait en lui. Très abimé par son passage à la primature, les observateurs voient mal un Mara se hisser à hauteur de Koulouba. En effet, pour les délices de son poste de premier Ministre, il s’est rendu coupable d’un mensonge d’Etat qui risque de le suivre pendant très longtemps au sujet de l’avion  présidentiel. Comme si cela ne suffisait pas, il s’était également distingué par des propos désobligeants à l’endroit des opposants.

Le carnage qui a suivi sa visite à Kidal rappelle encore que l’homme dans son seul intérêt peut prendre des risques inconsidérés aux conséquences désastreuses. La mort des policiers et autres administrateurs qui l’accompagnaient est encore vivace pour le pardon sans un mea-culpa de sa part.

Comme autre défaut non moins important qu’on peut attribuer à l’ex premier Ministre, nous avons son incapacité à travailler dans un groupe s’il n’est pas le leader. Incapable de s’effacer un tant soit peu pour l’intérêt d’un groupe et du pays, il risque d’en faire les frais en cas de nécessité d’alliance pour départager. L’équilibrisme dont il a fait montre après son éviction du gouvernement à travers un ni –ni au sein de la dernière législature est considéré comme un signe d’immaturité politique. Ce refus de s’assumer que d’aucun juge opportuniste, fait de lui aux yeux de bon nombre de nos compatriotes un ‘’scruteur’’ attitré à la quête permanente du bon vent. Son virage à 1000° en faveur du CNSP après les évènements du 18 aout atteste malheureusement ce comportement versatile.

Contrairement à Soumaila Cissé et Housseïni Amion Guindo, il ne disposerait pas d’un parti capable de le hisser sur les hauteurs de Koulouba. En revanche, pour combler ses lacunes, il se dit qu’il est le candidat des militaires, tout comme IBK en 2013. Seulement, une chose est sure, le peuple malien n’acceptera plus les élections tronquées ou taillées sur mesures.

Housseini Amion Guindo, l’homme qui incarne le mieux  le changement

Double cinquième en 2013 et 2018, la présidentielle de 2022 semble être l’heure de la confirmation pour le président du Parti Convergence pour le Développement du Mali (CODEM). Selon plusieurs observateurs, ce scrutin serait plus que jamais à la portée du président Housseïni Amion Guindo.

En plus de ses résultats au sein de tous les départements qu’il a eu à gérer, Poulo a le mérite de n’avoir jamais été cité dans un dossier de malversation.

Considéré comme le candidat de la  rupture avec la bande de 1991 qui a échoué, ce jeune averti a aujourd’hui la faveur des pronostics. Jamais attendu, mais toujours à la photo finish, sa constance peut constituer la clé de son succès. Sa connaissance parfaite du pays est un sérieux atout que l’ex député de Sikasso pourra capitaliser s’il parvient à avoir les moyens humains et financiers de ses ambitions.

Son encrage social contrairement à ses concurrents sera aussi un indicateur dont il va falloir tenir compte pour jauger les forces en présence au moment opportun. Cohérent et franc, il peut être le candidat fédérateur de tous les bords politiques, ex majorité et ex opposition compris. Homme de dialogue et des grands évènements, le plus souvent dans l’ombre, Housseini Amion guindo a la côte au près des enseignants et de la communauté internationale. Acteur principal de la réconciliation entre le pays dogon et la MINUSMA, il peut récolter les dividendes de cet acte qui lui a valu les vives félicitations des nations unies. Auprès des enseignants, son implication dans l’aboutissement du statut et sa tentative récente de faire revenir l’ex premier ministre Boubou Cissé à de meilleurs sentiments concernant l’article 39, lui valent un capital de sympathie qui pourra également faire la différence. Puisqu’une élection présidentielle dans un pays comme le nôtre peut se jouer sur des détails, le président de la Codem gagnerait à faire hisser certains de son entourage au niveau de ses ambitions pour Koulouba. Car un candidat n’a pas forcément besoin d’un super homme, mais plutôt d’une superbe équipe.

Au besoin, une alliance entre Housseini Amion Guindo et Moussa Mara, pourra faire la différence face à n’importe quel candidat au second tour.

L’Espion

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