Mali : région de Tombouctou, le difficile approvisionnement en produits pharmaceutiques.

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La région de Tombouctou, à cause de son enclavement, rencontre toutes sortes de difficultés (distance, état des routes, banditisme, cherté) pour s’approvisionner en produits pharmaceutiques. Pourtant, la ville compte quatre pharmacies privées, en plus de la PPM et de celles des centres de santé.

Nous sommes au mois de mars et, alors qu’il devrait commencer à faire chaud, les nuits à Tombouctou sont très froides et les matinées pleines de brume de poussière. Le phénomène envoie les populations par dizaines vers les centres de santé et les plus touchés sont les enfants. À l’hôpital, une fois qu’on vous donne votre ordonnance, commence un parcours du combattant. Il n’y a pas de route pour rallier le reste du pays et il faut donc se débrouiller par tous les moyens pour que les produits soient vendus au même prix qu’à Bamako, comme instruit par les autorités. Les pharmacies sont ouvertes mais ont des difficultés à satisfaire la clientèle, à cause des difficultés d’approvisionnement depuis le grossiste Laborex de la capitale. La société vend les produits mais ne prend pas les risques en charge. Face à cela, bien que concurrents, les pharmaciens privés de Tombouctou s’organisent pour soulager les malades.

L’union dans la concurrence

Dr Dembélé Sory Ibrahima est le doyen dans la sphère, avec la pharmacie Officine de la Cité. Il possédait un pick-up et c’est lui qui faisait les vas et viens sur Mopti. Une entente le liait aux autres promoteurs, qu’il approvisionnait aussi. Mais, depuis un moment, la voiture est sur cale et les pharmaciens sont obligés de passer par les véhicules de transport. Avant cela, ils ont été victimes à maintes reprises des coupeurs de routes, qui les dépossédaient de tout. « Plusieurs fois les bandits ont pris ma voiture en chemin et ont enlevé les produits. Je suis toujours obligé de rembourser les autres pharmaciens. Laborex avait promis de les envoyer par avion, mais vu que cela leur coûtait très cher, ils ont arrêté au bout du deuxième envoi. Par bateau, nos produits prennent toujours l’eau et se gâtent. La seule alternative, c’est la route, et on fait avec malgré les problèmes », se désole le Dr Dembélé. Nous avons enquêté du côté des autres pharmacies privées : Cité, Jour et nuit, Tinariwen et Tangui. Elles passent toutes commande deux fois par semaine et payent 3 000 francs par carton, quelle que soit la taille, avec les risques qu’ils soient enlevés ou endommagés pendant le voyage, car tout le monde sait comment se font les chargements et le transport sur nos routes. Malgré tout, les uns et les autres font de leur mieux pour soulager les patients. Tidiane est vendeur à la pharmacie Tinariwen. Il nous confie : « la grosse difficulté est liée à la route. Ensuite vient la sécurité. Bamako est à seulement 900 km de Tombouctou. On pourrait recevoir des produits de Laborex tous les jours s’il n’y avait pas de banditisme et si la route était bonne ». L’approvisionnement de Tombouctou en matière de produits pharmaceutiques, comme pour beaucoup d’autres types de produits, est périlleux, ce qui fait qu’à cause du prix du transport ils reviennent plus cher qu’à Bamako. Mais, dans les pharmacies, jusqu’à preuve du contraire, les produits, bien que difficilement acquis, se vendent au même prix que dans la capitale. Vivement donc qu’une solution soit trouvée afin que cessent les ruptures, surtout de produits à conserver au frais, qui sont les plus à risques.

Nordsud journal

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