Mali: reportage dans les écoles fermées à Tombouctou

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À l’instar des autres secteurs de l’État, à Tombouctou, l’éducation entame sa première grève de l’année 2019. Ce n’est pas comme une mise en garde que les syndicats signataires du 15 Octobre ont pris au mot d’ordre de l’UNTM. À Tombouctou, la grève est bien suivie.

C’est avec un grand ultimatum, 120 heures, soit cinq jours de grève, que les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 (SYPESCO, SYNEB, SYNEFCT, SYNESEC, SYLDEF, FENAREC, COSES et SNEC) ont débuté l’année 2019. On est dans la deuxième semaine de l’année et toujours pas de suite du gouvernement quant aux doléances des grévistes. Et le clou sera enfoncé encore plus par l’UNTM, qui décrète une grève de 72h en milieu de semaine après l’échec des négociations avec le gouvernement.

« Le gouvernement n’a pas respecté sa parole »

Dans la région de Tombouctou, les militants sont sereins et très optimistes concernant la satisfaction de leurs doléances. En attendant, les écoles privées, fondamentales comme secondaires, poursuivent tranquillement leurs cours. Pour Seydou Maiga, Secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation de Base dans la région, le gouvernement fait preuve de mauvaise foi, car il dispose de larges moyens pour satisfaire leurs doléances. Selon lui, « les points revendiqués par les syndicats signataires du 15 Octobre avaient déjà été acceptés, mais, à la dernière minute, le gouvernement n’a pas respecté sa parole. Alors nous avons décidé de ne plus nous laisser faire. Nous sommes sûrs que la victoire finale est pour bientôt et, si Dieu le veut, elle sera nôtre ». Sous anonymat, un professeur du lycée Bocar Cissé de Niafunké, pour sa part, déclare : « nous sommes inquiets du sort des enfants. L’éducation est un secteur clé dans la vie d’un État et si les enfants n’étudient pas par la faute du gouvernement, qui refuse de satisfaire les doléances des enseignants, c’est l’avenir du pays qui est en jeu. Le gouvernement devait satisfaire ces doléances avant la rentrée, mais rien n’a été fait. Il savait bien que les syndicats allaient partir en grève, car le préavis a été déposé sur le bureau du ministre, mais toujours rien. Et, d’ailleurs, pour montrer la mauvaise foi du gouvernement, voilà que l’UNTM sort aussi de 72 heures de grève qui ont paralysé tous les secteurs ».

Rattraper le temps perdu

Nous sommes déjà au deuxième trimestre de l’année et les préavis de grèves s’entassent. Si rien n’est fait durant tout le mois de janvier, il n’y aura eu qu’une semaine de cours normale. Conscients du temps qui court, les syndicalistes disent être en mesure de rattraper le temps perdu. « Nous avons toutes les stratégies pour rattraper le temps perdu en grève si jamais le gouvernement acceptait de satisfaire nos doléances », assure Seydou Maiga. Néanmoins, nous savons qu’il sera difficile, voire impossible, de rattraper le programme avec toutes ces grèves des enseignants et des élèves.

Depuis octobre 2016, des syndicats de l’éducation se sont affiliés pour mettre la pression sur l’État afin de faire prendre en charge les doléances contenues dans leurs cahiers des charges, dont entre autres l’octroi d’une prime de documentation, de logements, l’accès des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales aux services centraux de l’État… Des revendications certes nobles, mais à l’allure où l’on voit les choses évoluer, seuls les élèves des écoles publiques risquent leur éducation, car les écoles privées observent rarement les grèves.

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