Mali : santé, les insuffisants rénaux abandonnés à leur triste sort

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En avril 2017, c’est le pays entier qui avait salué la décision du gouvernement, annoncée par la ministre de la Santé Dr Togo Marie-Madeleine Togo, d’engager une lutte sans relâche pour trouver une solution pour la prise en charge des insuffisants rénaux, par la gestion rationnelle et efficiente des équipements disponibles. Cela passait aussi par la gratuité de la dialyse. Mais en 2019, rien n’est encore fait.

La ministre Togo Marie-Madeleine Togo avait promis de rendre gratuite la dialyse pour les malades souffrant d’insuffisance rénale. Une mesure de haute portée sociale, mais, deux ans après, la concrétisation de cette promesse tarde. Les malades se réveillent aujourd’hui avec un goût d’amertume et une cruelle désillusion, avec l’insuffisance en matériel et surtout les pannes. À l’hôpital catholique Mali Gavardo, c’est la désolation, aussi bien chez les patients que chez les médecins. La promesse du gouvernement n’a pas été tenue. Pire, le matériel existe, mais ne peut être exploité. « Nous faisons face à d’énormes difficultés dans la dialyse, alors que nous avons le matériel et la spécialisation qu’il faut pour faire le travail » nous confie le docteur en néphrologie Dr Moctar Coulibaly. En effet, lors de la création de l’hôpital, en 2014, une équipe de médecins italiens l’avait doté de 15 dialyseurs, 10 de marque Nikson et 5 de marque Gambro, et de 1000 kits de dialyse. Ce qui équivalait à 100 séances gratuites avant que le gouvernement ne se prépare à prendre la relève. Sur les 15 appareils octroyés par l’équipe italienne, seuls 10 sont fonctionnels de nos jours (6 Nikson et 4 Gambro) et les Nikson ne travaillent plus, faute de kits, car le fournisseur algérien ne fait pas de lignes pour cette marque. « Avec la subvention de l’État, après la visite du Dr Marie-Madeleine Togo, nous avons pu prendre jusqu’à 78 patients ici, grâce aux kits de nos amis Italiens. À la fin du stock, l’État se devait de trouver la solution, même s’il fallait toujours faire de la gymnastique. Cela joue beaucoup sur les malades, car il faut 3 séances de dialyse par semaine pour un patient. Mais, avec les difficultés actuelles, même deux séances posent problème. Et si le malade n’a pas sa dialyse pendant un ou deux mois, il meurt », continue le Dr Coulibaly.

Des patients délaissés

Les machines ne marchent pas et l’État ne fait pas grand-chose pour les faire marcher. À l’hôpital du Point G, il y a un surnombre de malades et un manque d’appareils, alors qu’à Mali Gavardo, il y a des appareils mais peu de malades. Du coup, l’État y dirige certains patients, mais il y a un problème avec les appareils Nikson pour lesquels il faut obligatoirement des lignes spécifiques. On ne les trouve qu’en Italie et elles coûtent excessivement cher. Dans le privé, la dialyse coûte entre 75 000 et 125 000 par séance et il en faut 3 par semaine. L’Association malienne des insuffisants rénaux se sent délaissée par les autorités, qui avaient promis de venir à son secours. Yacouba Diakité trouve que le gouvernement ne fait pas grand chose. « Il y a trop de difficultés à se faire dialyser, à cause du manque de moyens et d’infrastructures. Si l’État ne fait pas un effort pour faire démarrer les machines, afin de permettre aux médecins de travailler, il y aura risque de morts, car ce n’est pas tout le monde qui a le moyen d’aller dans le privé ».

L’insuffisance rénale est la conséquence de l’évolution des maladies qui détruisent les reins. L’organisme est petit à petit empoisonné par les déchets qui ne sont plus éliminés. Il faut dès lors passer par la dialyse, un soin qui coûte excessivement cher. Sans la subvention de l’État, difficile pour les malades de se faire soigner, d’où la nécessité de la gratuité de la dialyse.

Youssouf Ag Ibrahim

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