Mali : Un civil tué lors d’un incident avec un convoi militaire français

Hier 1e septembre 2020, un civil a été tué lors d’un incident avec un bus ayant refusé d’obtempérer à l’approche d’un convoi militaire français dans la matinée, à 15 kilomètres environs, à l’ouest de la région de Gao.

« Un bus qui se dirigeait à vive allure en direction d’un convoi militaire français a fait l’objet de sommations verbales et gestuelles, puis d’un premier tir de sommation, alors que la menace de véhicules suicides est élevée », a en effet indiqué l’État-major des armées, dans un communiqué. Mais ces premières mesures n’ont pas fait ralentir le bus. Un second tir de sommation dirigé vers le sol a alors été effectué. Deux balles ont ricoché sur le sol et traversé le pare-brise, blessant trois passagers dont l’un grièvement », a-t-il continué.

Le civil gravement blessé a ensuite été évacué par hélicoptère vers l’hôpital militaire de campagne français de Gao. Mais il est finalement décédé des suites de ses blessures. « La force Barkhane présente ses sincères condoléances aux proches de la victime », a conclu l’état-major, précisant que « toutes les mesures ont été prises pour établir les circonstances exactes de cet événement », en relation avec la gendarmerie malienne.

Au Mali, le moindre incident avec des civils pouvant être exploité par la propagande jihadiste, voire par ceux qui réclament le départ de Barkhane et celui des forces internationales du pays. Les militaires français sont soumis à des règles d’engagements qui, s’inscrivant dans un cadre juridique précis, leurs sont précisées par un « Legad » (legal advisor, conseiller juridique opérationnel). Si elles ne sont pas connues du grand public, elles reposent sur un principe intangible : tout soldat attaqué a le droit de se défendre.

Cependant, ce cadre juridique n’empêche pas les incidents, notamment quand des situations délicates se présentent aux militaires français. Comme, par exemple, quand une voiture ou un camion refuse d’obtempérer à l’approche d’une patrouille, alors que le risque d’un attentat suicide par VBIED [Vehicle Borne Improvised Explosive Devices, véhicule piégé] est important.

Ce n’est pas le premier incident de ce type pour la force Barkhane. En juin 2019, et malgré plusieurs tirs de sommation, un pick-up avait continué à rouler en direction de militaires français alors déployés à l’ouest de Tombouctou. Ces derniers avaient alors procédé à un tir pour le stopper, ce qui provoqua son explosion… et la mort de ses trois occupants. Il était ensuite apparu que le véhicule transportait une grande quantité de carburant. Une enquête avait été ouverte pour « faire toute la lumière sur les faits », avait indiqué l’EMA, à l’époque.

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