Mali : un contingent égyptien et 650 soldats sénégalais devraient rejoindre la Minusma en 2017

Le général Michael Lollesgaard, le 16 décembre au camp de la MINUSMA à Bamako © Baba Ahmed
Le général Michael Lollesgaard, le 16 décembre au camp de la MINUSMA à Bamako © Baba Ahmed

Le général danois Michael Lollesgaard a quitté son poste de commandant de la Minusma vendredi dernier. Il a passé le témoin à son adjoint, le sénégalais Amadou Kané, qui assurera l’intérim en attendant que l’ONU nomme un nouveau commandant à la tête de la Minusma.

Quelques heures avant la cérémonie de prise d’arme, qui se tenais vendredi 16 décembre, le général Michael Lollesgaard nous a accordé sa dernière interview en tant que commandant de la Minusma. L’occasion d’évoquer la situation sécuritaire au Mali mais aussi les renforts qui devraient prochainement venir grossir les rangs de la Minusma.

Jeune Afrique : vous vous apprêtez à quitter la force de l’ONU la plus endeuillée. Que ressentez-vous ? 

Michael Lollesgaard : Après deux ans de défis, dans une mission difficile, il est dur de partir. J’ai perdu 32 soldats au combat, 22 soldats pour d’autres causes. Il s’agit de ma responsabilité. J’ai eu le cœur brisé à chaque fois que j’ai dû décorer un cercueil. Cela en revanche ne me manquera pas.

Sur le terrain, comment avez-vous travaillé avec l’armée malienne ?

À la Minusma, nous avons presque 11 000 soldats, des hélicoptères du Salvador, de Bangladesh, des Pays-Bas, et des unités de renseignement de la Suède, de l’Allemagne ainsi que des forces spéciales du Pays-Bas. Tout ceci nous permet de fmener de vraies opérations de maintien de la paix.

Avec l’armée malienne, nous avons établi de bons mécanismes de planification à Tombouctou et Gao, qui ont toutefois besoin d’être améliorés pour mieux endiguer l’insécurité. La stratégie consiste à ne pas être sur la même place en même temps. Si un contingent vient d’être attaqué, par exemple celui des Fama, on va l’appuyer avec un soutien aérien. Cela va de la surveillance par drone à l’évacuation des blessés par nos hélicoptères. Nous pouvons toujours faire mieux et c’est ce que nous faisons, constamment.

Les forces actuelles de la Minusma sont-elles suffisantes pour amener à bien la mission ?

Non ! Avec le nouveau mandat de la mission, nous devons être plus actifs et robustes. Pour cela, nous avons besoin de davantage de moyens de renseignement, plus de forces spéciales et plus de voitures blindées. A l’instant, nous manquons de 2500 hommes que nous espérons voir arriver courant 2017.

Quel pays aimeriez-vous voir venir ses contingents ? 

Je pense que le général Kazura [son prédécesseur, ndlr] a eu raison en disant que c’était une bonne idée d’avoir les forces mauritaniennes avec nous, moi-même je souhaite une contribution plus large de la Mauritanie. Je crois aussi qu’il est important pour l’ONU d’avoir des soldats de tous les pays de la région.

Quelles sont les forces attendues ? 

On a tout une liste de vœux. Mais il y a des conditions que nous devrons, nous aussi, remplir. Les Canadiens ont manifesté leur intérêt pour participer à la mission. Le parlement canadien doit statuer sur le sujet en janvier.

Ce dont nous sommes sûrs, c’est que 650 soldats sénégalais supplémentaires viendront avec leurs hélicoptères dès début 2017. Un autre contingent important nous arrivera d’Égypte. C’est un bataillon de combat avec des véhicules blindés. Ils auront pour mission d’escorter logistiquement la Minusma lors de déplacements dans le désert.

J’ai bon espoir que toutes les parties signataires de l’accord de paix s’engagent d’avantage pour la paix dans le pays.

Que conseillez-vous à votre successeur ?

Je lui dirai de poursuivre la formation des Casques bleus, de mettre l’accent sur leurs équipements et leur condition de vie pour mener à bien la mission. Et de faire de la mise en œuvre de l’accord de paix sa priorité.

Baba Ahmed

Jeune Afrique

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