Mali : vers une transition politique, ambitions et suspicions paralysantes

Le Mali est en ère de prédilection ! Pour nombre d’observateurs avertis, la crise de confiance entre les chapelles politiques maliennes et entre celles-ci et les militaires tombeurs d’IBK risquent de plomber la transition, qui se prépare.

D’abord, la crise de confiance est liée au fait que les responsables du Comité national de salut du peuple (CNSP) joue sur un certain ostracisme, qui ne rassure pas la classe politique malienne.
En effet, le CNSP ne se veut pas un « comité militaire », calqué sur les modèles classiques des juntes putschistes. Il s’agit d’un « comité national… », qui devrait normalement fédérer au moins une partie de la classe politique et de la société civile.
Certains observateurs avaient pensé que les officiers supérieurs qui ont renversé IBK allaient créer une entité rassemblant par exemple les militaires et le mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Ce n’est pas le cas. Au contraire, le M5-RFP ne cesse de monter au créneau pour dénoncer les manœuvres menées par les responsables de l’ancienne majorité présidentielle en vue de séduirele CNSP.

C’est ce qui a été dénoncé il y a quelques jours par le projet d’assises dans lequel le M5-RFP n’avait pas été invité. Dr Choguel Kokalla Maïga et ses amis ont dû hausser le ton pour appeler les militaires tombeurs d’IBK à se ressaisir pour ne pas se laisser embobiner par les ex-alliés du pouvoir IBK. Ce qui a conduit le M5-RFP à revendiquer davantage son rôle d’acteur incontournable de la chute d’IBK.

En clair, pour les protégés de l’imam Mahmoud Dicko, aucune démarche liée à la Transition ne pourra être entreprise, sans y associer en prime position, de concerte avec le CNSP, le M5-RFP.
En réalité, Dr Choguel Kokalla Maïga, Me Mountaga Tall, Me Mohamed Aly Bathily et les autres ont la forte conviction que même si les militaires du CNSP n’étaient pas intervenus le mardi 18 aout 2020, ils allaient parvenir, d’une manière ou une autre, à obtenir le départ d’IBK du palais présidentiel de Koulouba.
C’est dans ce sens que le M5-RFP voue aux gémonies l’ancienne majorité présidentielle et peine à l’accepter comme acteur devant participer aux débats sur la transition. Ce qui va conduire à une concertation où s’opposeront deux camps : le M5-RFP et les anciens tenants du pouvoir. Peut-on alors entrevoir un consensus entre ces deux camps sur l’architecture de la transition ? Rien n’est moins sûr. On verra sûrement le CNSP évoquer cette division entre les acteurs politiques pour s’ériger en maître de la situation. Le Colonel Assimi Goïta et ses frères d’armes n’ont-ils pas déjà pris goût au pouvoir ? Comment en serait-il autrement eu égard à l’« Acte fondamental » déjà adopté, les diverses nominations et les privilèges afférents que savoure déjà les hommes forts de Kati ?

Avec Maliweb

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