Maroc: vives réactions après la condamnation de la journaliste Hajar Raissouni

Au Maroc, la journaliste Hajar Raissouni a été condamnée à un an de prison ferme pour avortement illégal et relations sexuelles hors mariage. Ses proches dénoncent un procès politique contre une voix dissidente. Pour Amnesty International, c’est un coup dévastateur pour les droits des femmes.

Hajar Raissouni a été reconnue coupable un mois après son interpellation devant un cabinet médical de Rabat. Son compagnon aussi écope d’un an de prison ferme. Son gynécologue a lui été condamné à deux ans de détention. Des peines de prison avec sursis ont aussi été prononcées contre un anesthésiste, et une secrétaire.

Il y a une semaine, des centaines de femmes ont signé un manifeste, publié dans plusieurs médias, pour dénoncer une législation obsolète. De leur côté, plusieurs ONG dénoncent des lois liberticides. C’est le cas du bureau d’Amnesty International au Maroc.

Son directeur exécutif, Salah Abdellaoui, appelle à sa libération immédiate : « Amnesty considère que cette détention est une violation flagrante de sa vie privée et de ses autres droits fondamentaux, dont celui de disposer de son corps en tant que femme. »

« Intimidation pour les voix libres »

Au-delà des craintes pour les droits des femmes, l’ONG s’inquiète pour les libertés des journalistes. Car Hajar Raissouni travaille pour le quotidien arabophone indépendant Akhbar Al-Yaoum. Elle affirme que la police l’a interrogée sur ses proches, sur son journal.

Sa famille, d’ailleurs, dénonce un procès politique et le directeur exécutif d’Amnesty exprime des craintes : « Notre crainte concerne surtout la liberté d’expression. C’est une sorte d’intimidation et de harcèlement qui peut être adressé à toutes les voix libres et à tous les journalistes libres dans leur travail et dans leurs actions. »

Les avocats de Hajar Raissouni annoncent qu’ils ont déjà fait appel de cette condamnation.

►A écouter aussi l’analyse d’Aboubakr Jamaï, professeur à l’Institut américain universitaire  à Aix-en-Provence et ancien directeur des hebdomadaires Le Journal et Assahifa Al-Ousbouiya à Casablanca.

Lire aussi

Mali : le contrôleur général de police Alassane Traoré nommé Gouverneur de la région de Ségou...

Il aura fallu un peu plus de trois mois à la cité des Balanzans pour connaitre le nom de son nouveau chef de l’exéc...
Opération, FAMAS, Foret, Terroriste, Mali,

Mali : Trois militaires tués dans une embuscade à Boulkessy...

Hier, mercredi 23 septembre 2020, aux environs de 12h 45mns, une mission de patrouille des forces armées maliennes (FAM...

Mali : Bah N’Daw président de la ransition, la classe politique salue le choix...

Après la désignation de Bah N’Daw, ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants comme président de la ...

Mali : Assimi Goita, la stabilité sur le plan sécuritaire à l’horizon…...

Pour l’instant, les promesses sont très rassurantes sur le plan sécuritaire. Le chef de la junte militaire a promis ...