Menace sur les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat: Les dessous de la visite d’IBK en Arabie Saoudite

‘’Quand cueillir devient facile, ramasser devient problème… “, dit l’adage. Là où durant le début de la crise libyenne en 2011, le Mali a eu recours à ses ressources internes, pour faire face à ses dépenses incompressibles telles que les salaires et les dépenses de fonctionnement de ses services, la donne a commencé à changer depuis cette année 2017 sous le Régime actuel. Les choses ont commencé à se corser surtout au début du mois de Février dernier, avec le retard accusé dans les salaires au niveau des fonctionnaires.

Ibrahim Boubacar Kéita a effectué une visite d’Etat en Arabie Saoudite. Officiellement, cette visite rentrait dans le cadre de la coopération bilatérale entre nos deux pays. Voyage à l’issue duquel le président Keïta est d’ailleurs rentré avec de nombreuses promesses faites par nos amis Saoudiens, telles, la construction d’un aéroport à Kidal, la réhabilitation de la route Sévaré-Gao, etc. Mais, en réalité, beaucoup de choses se cacheraient derrière cette visite, apprends-t-on. En effet, il nous est revenu d’apprendre que le président Keïta a effectué ce déplacement pour solliciter urgemment un prêt auprès de l’Arabie Saoudite afin de pouvoir faire face à la crise de trésorerie que le pays connait en ce moment. L’objectif étant de faire face aux urgences du moment. Vrai ou faux. Dans tous les cas, en allant  voir le roi saoudien, IBK sait très bien qu’il peut compter sur un allié sûr, pour qui connait l’histoire entre ces deux pays. En plus, ce qui est bien avec ces pays, c’est que les prêts sont sans taux d’intérêt et facile à solder sans pression. Contrairement à la pression exercée par le Fonds Monétaire International et la Banque mondiale.

Taux de croissance à deux chiffres, investisseurs qui se battent aux portes du pays, chantiers ouverts tous azimuts etc. Malgré les discours d’autocélébration et les rapports rassurants (plutôt complaisants) des institutions financières, la situation financière du Mali n’est pas du tout reluisante. L’un des témoignages est la difficulté que le gouvernement éprouve de plus en plus depuis la fin du mois de mars à boucler les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat. Contraint chaque fois à se contorsionner pour trouver les ressources additionnelles pour constituer la masse salariale.

Ce mois d’avril 2017 n’a pas fait exception. De sources dignes de foi, la masse salariale de ce mois a eu beaucoup de peine à se mobiliser. Et malgré la sollicitation de notre pays, nos traditionnels bailleurs que sont les institutions de Bretons Wood n’auraient pas répondu favorablement. Même la récente visite du ministre des Finances au siège de l’institution n’a pas pu sauver les meubles, apprends-t-on. Généralement, l’appui budgétaire concerne des secteurs ciblés dont les décaissements échappent au contrôle du gouvernement. Mais, pour cette mission, en dehors des discussions sur l’appui budgétaire traditionnel, les autorités maliennes auraient soumis au FMI et à la Banque mondiale leurs soucis de ne pas pouvoir boucler les salaires de ce mois. C’est dans ce contexte difficile que le chef de l’Etat a jugé utile de se tourner vers l’Arabie saoudite pour sauver ce qui peut être sauvé dans l’urgence et dans le secret, rapportent nos sources. Dans le tintamarre, pour séduire le Roi saoudien, l’on baptise la grande mosquée de Bamako à son nom. L’on apprend d’ailleurs que le pays est prêt à faire d’énormes faveurs et concessions aux investisseurs saoudiens dans des secteurs d’activités clés du pays comme les mines, l’agriculture et l’agro-industrie.

Le Point

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