Niger : 28 militaires tués dans une embuscade de l’EIGS

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Cest une attaque d’envergure qui a visé l’armée nigérienne mardi 14 mai au soir à Baley Beri, près de la frontière avec le Mali. Le dernier bilan fait état de 28 militaires tués.

Le déroulé des événements est encore assez flou. Ce que l’on sait, c’est que les militaires impliqués font partie de l’opération Dongo, qui a été lancée il y a plusieurs mois déjà. Après l’attaque de la prison de haute sécurité de Koutoukalé, lundi 13 mai, ils ont reçu l’ordre de prendre en chasse les présumés assaillants. Lors de cette poursuite, un véhicule militaire saute sur un engin explosif, peu avant la tombée de la nuit mardi soir. Et lorsque le reste de la compagnie arrive en renfort, il tombe dans une embuscade minutieusement préparée. L’appel d’urgence est ralenti car, au moins une semaine auparavant, plusieurs antennes relais téléphoniques ont été saccagées, on peut penser que cela était prévu.

Le bilan est très lourd : au moins 28 morts et des blessés. Certains ont pu rejoindre la base militaire de Ouallam, un peu plus au sud. Mais du côté du Niger, rien ne filtre. Personne ne souhaite pour l’instant commenter. On a pu apprendre que des renforts nigériens avaient été déployés sur place et que les Français de la force Barkhane pourraient appuyer les opérations dans les heures à venir.

Revendiqué par lEIGS

Cette attaque avait été revendiquée par l’« État islamique dans le Grand Sahara ». C’est « depuis plusieurs années la zone d’action de l’État islamique au Grand Sahara, dirigé par Abou Walid Al-Sahraoui, explique Nicolas Desgrais, doctorant à l’université du Kent qui travaille notamment sur la coopération militaire au Sahel. On pensait que ce groupe avait perdu en capacité opérationnelle au cours des derniers mois, suite à l’intervention d’une coalition armée composée de Barkhane, quelques milices maliennes (Gatia et MSA) et les forces armées nigériennes. On se rend compte qu’aujourd’hui on a peut-être une résurgence des capacités opérationnelles de ce groupe ».

Dans cette région, aux confins du Mali et du Niger, le mot frontière n’est qu’un concept. Elle n’est pas délimitée et surtout les groupes armés et les terroristes passent d’un côté à l’autre sans aucun problème.

C’est une région où les combattants d’Abou Walid al-Sahraoui sont extrêmement présents, très mobiles et surtout capables d’organiser des embuscades complexes. On se souvient, en octobre 2017, des militaires américains et des soldats nigériens avaient dû affronter près d’une centaine d’assaillants dans de violents combats à Tongo Tongo, à quelques kilomètres du lieu de cette attaque. Quatre militaires américains et cinq nigériens avaient perdu la vie. Il avait alors fallu l’intervention d’avions de chasse et d’hélicoptères d’attaque des Français de Barkhane pour mettre fin à plusieurs heures d’affrontements.

Depuis, la répartition des forces a quelque peu évolué. La force Barkhane s’est en partie redéployée vers Gossi, du côté malien. Mais les soladats américains sont toujours présents avec une base à Ouallam, du côté nigérien.

Mais il n’y a pas que les hommes du terroriste Abou Walid al-Sahraoui qui sont actifs dans cette zone. Ceux du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, très présents au Mali y mènent aussi des opérations. Il arrive d’ailleurs à ces deux entités jihadistes de collaborer ensemble, ils se prêtent des hommes et du matériel pour mener des attaques d’envergure. Difficile pour l’instant d’affirmer que cela a été le cas dans l’attaque perpétrée à Baley Beri.

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