« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général Lecointre

Le général Lecointre, chef d’état-major des armées françaises, estime que l’année 2020 sera cruciale en matière de sécurité au Sahel et qu’un échec de la stratégie retenue aura de graves conséquences. En janvier, Emmanuel Macron réunira les chefs des 5 États du Sahel pour élaborer une position commune antiterroriste.

L’avenir du Sahel se joue dans l’année qui vient, a estimé le chef d’état-major français, le général François Lecointre, dans un entretien à France Info.

C’est maintenant, dans l’année qui vient, que se joue l’avenir du Sahel, a-t-il prévenu lors d’un déplacement il y a quelques jours dans cette région. C’est pour ça que nous nous engageons en avant-garde et que nous allons passer à la vitesse supérieure, a-t-il affirmé sans fournir de détails. Peut-être faisait-il référence au projet français de faire déployer des forces spéciales européennes en soutien aux forces françaises pour épauler les armées nationales. Des armées bien à la peine depuis quelques mois et soumises à une très forte pression djihadistes.

Si nous loupons ce moment charnière, je suis assez pessimiste, a prévenu François Lecointre.

« Si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes »

Le chef d’état-major français a toutefois rejeté toute idée d’échec de la mission française Barkhane : Ce qu’on demande à un soldat, c’est de permettre que le niveau de violences soit le plus bas possible, de façon à ce que des solutions politiques puissent être mises en œuvre sans que l’on ne sombre définitivement dans des situations de guerre civile, a-t-il relevé. Nous évitons que le pire ne se produise et ça doit être porté à notre crédit.

Mais si le travail de Barkhane n’est pas complété par une action politique […] en partenariat entre les gouvernements des pays que nous venons aider et l’ensemble de la communauté internationale […], notre action ne servira à rien, a-t-il assuré.

Par ailleurs, si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes, laisser la place à l’État islamique, ce qui provoquera une pression migratoire sur l’Europe, avec tous les risques populistes que cela entraînera, a-t-il averti, reprenant ainsi le discours tenu récemment par Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères.

Le sommet de Pau en janvier

Le sommet sur le Sahel voulu par Emmanuel Macron, annulé la semaine dernière après une attaque djihadiste contre une position de l’armée du Niger (71 morts et une trentaine de disparus), a été reprogrammé le 13 janvier.

Il aura lieu à Pau.

Ce sommet aura pour objectif de réévaluer le cadre et les objectifs de l’engagement français au Sahel. Il permettra également de poser les bases d’un soutien international accru aux pays du Sahel, dit l’Élysée dans un communiqué diffusé lundi soir.

Les présidents des cinq pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie) ont confirmé leur accord et leur disponibilité pour cette date, a précisé l’Élysée. Devraient donc être présents les présidents du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore, du Niger Mahamadou Issoufou et du Tchad, Idriss Déby ainsi que celui de Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, le président du Conseil européen, Charles Michel, le vice-président de la Commission européenne et Haut représentant pour les Affaires étrangères, Josep Borrel, ont également été conviés.

Ouest-France

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