Offre de dialogue d’IBK aux jihadistes au Mali: la classe politique réagit

Mardi 11 janvier, sur RFI, le président malien Ibrahim Boubakar Keïta a confirmé que les autorités tentent de dialoguer avec deux chefs jihadistes, Iyad ag Ghaly et Amadou Koufa. Réactions.

Au sein du parti du président, le Rassemblement pour le Mali, on salue cette démarche qui est perçue comme une continuité des conclusions du dialogue national inclusif. Mais ce dialogue ne doit pas franchir certaines limites, selon Me Baber Gano, secrétaire général du RPM.

« Il est arrivé un moment où le président a fait le dialogue national inclusif, c’est lié à la volonté de tous les Maliens, qui ont exprimé ce souhait, de dialoguer avec Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa, dans les recommandations du dialogue national inclusif.

Ce sont des Maliens… Je ne dis pas que, ce qu’ils ont eu comme attitude vis-à-vis du Mali est tolérable. Je pense que les conditions de leur réconciliation vont être définies. Il y a des lignes rouges qu’il ne faut pas franchir. La partition du Mali, la république, le territoire du Mali, la laïcité, les principes républicains… Ce sont des lignes rouges que le président n’acceptera jamais de franchir ».

Négocier quoi ?

Pour Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition et président de l’URD, l’Union pour la République et la Démocratie, la négociation reste une solution envisageable mais il faut en poser clairement les termes. Il faut savoir ce qui est négociable, insiste Soumaïla Cissé, qui rappelle qu’il y a déjà eu des négociations en 2014. « Est-ce que la laïcité au Mali est négociable ? Est-ce que l’intégrité territoriale est négociable ? Est-ce que la forme républicaine de l’Etat est négociable ? »

Mais cette initiative ne fait pas l’unanimité dans la classe politique. Moussa Mara, président du parti Yelema, se dit très réservé sur la pertinence de cette démarche.

 « Ceux qui sont à la base de ces attaques, je ne suis pas sûr qu’ils aient l’intention de discuter avec qui que ce soit, puisque les attaques continuent régulièrement. Ensuite, la deuxième chose c’est que, même s’ils ont l’intention de discuter, est-ce que les termes de discussion seront compatibles avec le Mali que nous connaissons tous ? Ce dont jJe doute. C’est-à-dire qu’il faut instaurer la charia, il faut installer le Califat, il faut jeter la Constitution, il faut jeter un Etat multiconfessionnel.

Et la troisième chose, qui est une bonne nouvelle, est que, quand vous regardez le terrain aujourd’hui, les groupes terroristes qui semblent être les plus forts, ne sont pas forcément ceux avec lesquels on veut discuter : l’Etat islamique au Sahara, aujourd’hui, semble être sur le terrain plus fort que le Groupe de soutien aux musulmans et à l’islam. Toutes les attaques des trois frontières, c’est l’Etat islamique. Nouzs on semble focaliser sur Iyad [Ag Ghali ] et [Amadou] Koufa qui sont des Maliens, mais sur le terrain, ce n’est plus Iyad et Koufa qui sont les seuls acteurs ou les patrons ».

Rfi

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