Politique: IBK va-t-il laisser le RPM sombrer, comme AOK l’a fait avec l’ADEMA?

Tout comme le parti ADEMA dans les années 2000, le RPM se vide de ses élus et militants. Le Rassemblement pour le Mali est au bord de l’implosion, tant les dissensions sont fortes en son sein. Défection, relèvement de ses membres des postes administratifs, le parti du Tisserand résistera-t-il à la tempête qui le secoue de toutes parts ?

Le 13 décembre dernier, des cadres du Rassemblement pour le Mali (RPM) conduits par le doyen Abdrahmane Niang, président de la haute cour de justice et du président du parti, Boucari Tréta ont rencontré le président IBK à la villa des hôtes. Les leaders du RMP ont décrit à IBK la situation du parti. Il suffit de se rendre au bureau de la coalition Ensemble pour le Mali, qui a soutenu la candidature de IBK lors de l’élection présidentielle dernière, pour s’en rendre compte. Le parti du Président de la République, le Rassemblement pour Mali (RPM) est au bord de l’implosion. Depuis l’élection d’IBK au second tour, le parti du Tisserand est devenu une coquille vide et ses cadres et militants convergent en cascade vers d’autres formations politiques. Le départ le plus spectaculaire a été celui de l’ex Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga, alors 1er Vice – Président du RPM, militant de première heure, fidèle compagnon d’IBK. Depuis, on assiste à une cascade de démissions au sein du RPM. Les élus désertent sans regret le navire et sont nombreux à accoster dans l’ASMA-CFP de l’actuel Premier ministre, SoumeylouBoubèyeMaïga, comme l’atteste la série de démissions des cadres RPM de Ségou. L’implosion du parti du Tisserand rappelle le cas de l’ADEMA PASJ, dans les années 2002, quand à l’orée de l’élection présidentielle les militants de la Ruche avaient opté pour la transhumance politique, affaiblissant du coup le parti. L’histoire se répète donc. Le RPM est moribond. Cette grande saignée serait due au non-respect des textes de fonctionnement du parti, aux divergences d’avis sur la gouvernance, à l’opacité des financements, aux intérêts individuels mais également au peu de considération accordée lors de la constitution des différents gouvernements. Convaincus d’avoir assuré la réélection du Président de la République, les Tisserands s’attendaient probablement à occuper les plus hautes fonctions de la Nation, mais le Président leur a préféré Soumeylou Boubeye Maïga, à qui il semble accorder son entière confiance pour les nominations au sein du gouvernement. De son côté, Soumeylou travaille à renforcer ses propres rangs, d’où cette ruée des militants RPM dans l’ASMA, dans l’espoir d’entrer dans les bonnes grâces du Tigre, fort apprécié du Chef de l’État.

Khadydiatou Sanogo

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