Politique : le gouvernement est-il « vraiment » partant pour le dialogue national ?

Soumaila Cisse, Treta, Mali, Opposition, RPM, URD,

Le dialogue national est réclamé par l’ensemble de la classe politique malienne et la  société civile. Déjà, les prémices d’un dialogue inclusif se profilent à l’horizon, à travers des rencontres entre formations politiques la semaine dernière. Les gouvernants seront-ils aptes à s’approprier les recommandations du dialogue s’il se tient ?

Les dés sont jetés. La machine du « Sigikafo », le dialogue national, est en marche. Cela semble bouger au niveau des partis politiques et les discussions vont bon train autour du dialogue qui se veut inclusif sur les questions de la Nation. En effet, l’heure est grave. Le navire Mali tangue sous les crises multiformes et multidimensionnelles et il s’agit de trouver les propositions de sortie de crise que réclament les différentes formations qui s’inscrivent sur le paysage politique.

Un nouveau regroupement, né de Modibo Sidibé du parti Fare An ka Wuli, du parti de l’ancien ministre Modibo Kadjoké et  de Oumar Koné, du Bloc pour le Redressent de la Démocratie au Mali et plus récemment la rencontre entre les Présidents des partis RPM et l’URD, Bocari Tréta et Soumaïla Cissé, dont pour le moment se désolidarise le FSD (Front pour la sauvegarde de la démocratie), prouvent à dessein que dans les prochains jours les acteurs politiques vont se réunir pour parler du Mali.

Le parti  de l’ancien candidat à la présidentielle de 2018, Ali Boubacar Diallo, l’ADP-Maliba, demande également un dialogue national. À l’image des autres formations politiques, par voix de son Secrétaire politique, Cheick Oumar Diallo, il estime que l’actuelle situation du pays, déplorable, démontre la fragilité de l’État et les limites de l’actuel gouvernement. Pour le parti ADP-Maliba, il faut un dialogue national pour débattre des maux du pays, car les efforts du présent gouvernement ne répondent aucunement aux attentes des populations. D’où la nécessité pour Monsieur Diallo d’ouvrir un débat qui va porter sur le renforcement de la sécurité, l’interdiction de port d’armes par d’autres personnes que les forces de sécurités au centre du pays, le retour de l’État dans les localités où il est absent et bien d’autres propositions, afin de sortir le pays de crise.

Des propositions entendues des partis ou formations politiques tels que le PMR, qui dit travailler à la tenue d’un dialogue national refondateur afin d’amener les Maliens à revisiter les institutions de la République et les pratiques démocratiques pour des réformes de gouvernance. Les acteurs du PRM ne voient pas le régime en place en capacité de bien gouverner le pays et de faire face aux différentes crises, tant économique que sécuritaire.

Le PRM, confiant en ses valeurs, se propose de trouver les solutions idoines à la situation chaotique qui prévaut dans le pays dans son intégralité. Des acteurs de la société civile et l’Imam Dicko se disent également détenteurs de propositions adaptées pour le pays. Avec la rencontre entre Bocari Tréta et Soumaïla Cissé, on peut prétendre d’ores et déjà que la requête du dialogue national sera entendue. Seul bémol : savoir comment seront mises en œuvre les recommandations de ces assises quand on sait que la gouvernance d’IBK est réfutée par la quasi majorité de ceux qui devront y prendre part ?

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, est-il prêt pour un mea-culpa et pour s’entendre dicter un agenda autre que le sien ? Sinon, à quoi va servir ce dialogue, dont la bonne tenue reste aléatoire si les égos ne sont pas mis de côté ?

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