Pour la sortie de crise au pays dogon : le mouvement BAGUINE SÔ recommande la tenue d’un débat citoyen  entre tous les fils de la zone

Plusieurs associations de jeunes ressortissants du pays dogon constituées en mouvement dénommée  BAGUINE SÔ rompent le silence et se prononcent sur la situation d’insécurité de cette zone. Lors d’un point  de presse qu’il a tenu hier, dimanche 3 mars 2019 à la maison de la presse, ledit mouvement a fustigé la cabale contre le mouvement Danan Ambassagou, et a recommandé la tenue d’un dialogue citoyen entre tous les fils du pays dogon. C’était sous l’égide de Hamidou Djimdé, président dudit mouvement.

Un autre mouvement,  BAGUINE SÔ (la parole du terroir)  vient d’être créé par des ressortissants du pays dogon. Dirigé par Hamidou Djimdé, ce mouvement a craché sa part de vérité sur la situation sécuritaire du pays dogon. Aussi, a-t-il tenu à fustiger  les accusations contre le mouvement d’autodéfense Danan Ambassagou et a fait des recommandations aux autorités. Le mouvement, selon son président, se donne  comme mission de restaurer la vérité.

Le mouvement BAGUINE SÔ apporte son soutien à Danan Ambassagou 

Le groupe d’autodéfense Danan Ambassagou suscite des débats. Il est accusé de « génocidaire » par certains, mais de sauveur par d’autres. Devant une salle remplie des ressortissants du pays dogon, Hamidou Djimdé a clairement affirmé que son mouvement n’admettra  pas les accusations contre le mouvement Danan Ambassagou qui est,  selon lui, créé afin de mettre les villages et leurs populations à l’abri des attaques des forces du mal. Il estime que les « mensonges » contre ce mouvement sont inadmissibles. « Il nous parait inapproprié que des voix censées conquérir la recherche de la paix viennent vilipender et saper le moral de ceux-là mêmes (groupe de légitime défense) qui n’ont et qui n’agissent que par cet instinct de survie. Par conséquent, nous invitons ces acteurs à plus de retenue », a déclaré  le président de BAGUINE SÔ.

Le mouvement dirigé par Hamidou Djimdé  a, sans tabou, déclaré son soutien indéfectible au groupe d’autodéfense dirigé par Youssouf Toloba. « Du haut de cette tribune, nous réaffirmons notre soutien moral total sans faille à nos frères de Danan Ambassagou  qui ne sont ni de terroristes encore moins des criminels comme certains sont en train de le faire croire », a-t-il dit haut et fort.

Le mouvement  BAGUINE SÔ désapprouve les propos de l’Imam Mahamoud Dicko lors du meeting du 10 février au stade du 26 mars

Le président du mouvement BAGUINE SÔ n’a pas apprécié certains propos tenus par l’Imam Mahamoud Dicko lors du meeting tenu le 10 février au stade du 26 mars. « Nous dénonçons les propos tenus par le président du Haut Conseil Islamique, Imam Mahamoud Dicko au stade du 26 mars », déclare Hamidou Djimdé .Selon lui, l’Imam Dicko a affirmé  que  « les Peuls sont tués au Mali, au Burkina Faso, au Niger,… ». Or, pour le conférencier, ce ne sont pas seulement les Peuls qui sont morts. Dogons, Bambaras, Bozos, Mossi, Dafing,…sont aussi victimes de cette insécurité. Après avoir déclaré le respect que son mouvement a pour l’Imam Dicko, Hamidou Djimdé a invité tout le monde à tenir des propos rassembleurs et favorables à la cohésion sociale.

Les recommandations du mouvement BAGUINE SÔ

Le mouvement n’a pas fait que critiquer. Il a aussi fait certaines recommandations pour une sortie de crise. Ces propositions de solutions sont entre autres : un cessez –le- feu unilatéral impliquant tous les acteurs de ce conflit ;  la tenue d’une rencontre  avec toutes les forces vives en vue de faire la distinction entre groupe de légitime défense et bandits armés ;  la tenue d’un débat citoyen entre les fils du pays dogon (Dogon, Peul, Mossi, Bellah,…) ; les restaurations des principaux mécanismes traditionnels de règlement des conflits suivi d’une campagne de sensibilisation. Ce n’est pas tout, le mouvement invite l’État à assurer la sécurité des populations du pays.

Le pays dogon a existé, existe et existera 

Les membres du mouvement BAGUINE SÔ ont répondu à ceux qui nient l’existence du pays dogon. « Il y’a certains individus qui nient l’existence du pays dogon. Nous disons à ces gens d’aller apprendre plus », laisse entendre Hamidou Djimé avant d’ajouter : « le pays dogon a existé, il existe et il existera ». Pour lui, ce ne sont pas les Dogons seulement qui sont sur ce territoire appelé pays dogon ; il y’a des Peuls, des Dafing, des Mossis,…

BAGUINE SÔ déplore des centaines de déplacés à Koro, Bankass, Bandiagara,…

En plus des morts, des disparus, de hameaux incendiés, plusieurs centaines de personnes ont été contraintes de quitter leur village, selon Hamidou Djimdé. « Plus de 1045 déplacés et 720 réfugiés venus du Burkina Faso rien qu’à Koro », a-t-il informé l’opinion nationale et internationale avant d’ajouter : « Bankass, Bandiagara et Douentza ont également leurs lots des déplacés ».

À en croire le conférencier, dans la commune de Ouelessebougou, 17 ménages, 126 personnes dont 57 enfants déplacés ont été  enregistrés.

 

Le Pays

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