Résolution de la crise au Centre du Mali: Quand le Premier ministre s’y prend avec maladresse

Du 22 et 23 février dernier, le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, a effectué une visite de dans des localités du Centre du Mali. La délégation gouvernementale s’est rendue à Ogossagou, village martyr, victime d’une nouvelle attaque terroriste, le 14 février 2020. Ce déplacement à l’intérieur du pays, à priori salutaire, suscite la controverse au point de faire réagir des députés de l’Assemblée nationale.

«Monsieur le Premier ministre, nous députés du pays DOGON […] nous ne saurons donner notre approbation à votre décision… de lever les check points tenus par la milice Dana Amassagou.» Dans une correspondance envoyée au Premier ministre le 24 Février 2020, le Collectif des députés du Pays Dogon proteste ainsi contre la décision de Boubou Cissé d’interdire les check points dans le Centre. Le collectif des députés présidé par l’honorable Issa Togo, conseille à  Boubou Cissé «de privilégier la voie du dialogue». Selon eux, les check-points «pourront être levés dès que les conditions sécuritaires sur le tronçon seront assurées par les forces de défense et de sécurité (FAMas).»

De quel droit des députés, fussent-ils du Centre, contestent une mesure sécuritaire du Premier ministre, responsable, selon la constitution, de la sécurité nationale. En vérité, Boubou Cissé s’y est mal pris. La mesure prise contre la milice Dana Amassagou, et juste après la seconde visite du PM, à Ogossagou, martyr parmi les nombreux villages martyrs du Centre, a été ressentie comme une prise de position par une partie de la population. Selon toute vraisemblance, le chef du Gouvernement a pêché tant dans le timing de la prise de cette mesure que  dans la manière dont elle a été annoncée.

Au rythme du buzz

Pour ce qui est de  la manière, le Premier ministre, depuis sa prise de fonction, donne l’air de fonctionner au rythme du buzz, à des fins de communication. En effet, Boubou Cissé en commentant, sur le fait, sa propre décision n’a peut être pas manqué de crisper la tension. A l’instar de  la grève des enseignants, le chef du gouvernement aurait pu laisser la justification de ses décisions à d’autres membres du gouvernement, en l’occurrence le ministre de la Sécurité ou celui de la Défense. Au lieu de quoi, la démarche du PM a même suscité l’indignation des femmes et enfants qui ont bloqué, dimanche dernier, son convoi à son retour d’Ogossagou.

Face à la vague de réprobations, un communiqué ‘’ officiel’’ du gouvernement publié, hier, tente de redresser le tir en indiquant ceci : «tient à préciser que ces check-points illégaux constituent une atteinte grave à la souveraineté de l’Etat et sont des points d’insécurité pour les populations». Le même communiqué annonce le renforcement « imminent » des Forces de défense et de sécurité afin de garantir la quiétude des populations dans le centre du pays sans précise cependant la date dudit déploiement des FAMa. Il y a lieu d’être perplexe  quand on sait que la mobilisation des militaires pour assurer la sécurité effective dans le Centre avait été annoncée sans effet, en février 2018, par l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. Pis, le second massacre à Ogossagou a eu lieu suite au départ du détachement de l’armée dans la zone. On se demande dans ses conditions l’opportunité de cette décision.

Maliweb.net

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