Sahel : Barkhane, GTD LOG, « les autres GTD peuvent compter sur nous »

Le groupement tactique désert logistique (GTD LOG) « Chambure » soutient l’ensemble des GTD de la force Barkhane dans les domaines du ravitaillement, de la maintenance, du soutien sanitaire, du soutien du combattant et des emprises. Rencontre avec son chef de corps, le colonel Morice, pour évoquer la logistique opérationnelle au cœur de l’opération Barkhane.

Mon colonel, pourriez-vous nous expliquer en quoi consiste la logistique opérationnelle et en quoi elle est essentielle au bon déroulement des opérations ? 

La logistique, c’est l’ensemble des opérations ayant pour but de permettre aux unités de subsister, de combattre et de se déplacer. Notre mission est de ravitailler toutes les emprises de la force, ainsi que les GTD partout où ils se trouvent sur le terrain, au moyen de convois logistiques notamment. 

Les GTD partent avec un certain nombre de jours d’autonomie. Notre mission est de les recompléter à temps, afin que les opérations puissent être menées sans baisse d’intensité. Les autres GTD savent qu’ils peuvent compter sur nous, et ils sont très attentifs à nos déplacements. Par ses actions, le GTD LOG contribue de manière indéniable à la réussite de l’opération Barkhane. 

En janvier a eu lieu le sommet de Pau durant lequel le président de la République a annoncé une augmentation des effectifs de Barkhane, quelles ont été les conséquences pour le GTD LOG ? 

Tout d’abord, le GTD LOG a été renforcé en personnel et matériels. Mais la très grande majorité des renforts envoyés a concerné les unités combattantes afin d’augmenter l’effort cinétique contre les groupes armés terroristes dans la zone des trois frontières. En terme de véhicules, de nombreux blindés supplémentaires ont été déployés dans le cadre du renfort capacitaire. C’est un défi qui a été posé au GTD LOG « Chambure » pour en assurer la maintenance et la gestion, que nous relevons grâce à l’opiniâtreté des maintenanciers notamment, mais aussi de tous les acteurs du soutien en général. 

Dans un milieu exigeant comme le désert sahélien, à quel genre de difficultés êtes-vous confronté ? 

Nous devons composer avec les groupes armés terroristes (GAT), première menace pour nos convois. Pour les contrer, nous nous adaptons. Nous nous appuyons également sur nos équipements : nous disposons de moyens de détections IED. Il est impératif pour nous de répondre aux besoins de nos camarades sur le terrain : quoiqu’il arrive, le convoi doit passer ! 

L’autre difficulté, c’est la nature abrasive du terrain. Au Sahel, le matériel est soumis à rude épreuve. Pour atténuer cette contrainte, nous nous sommes également adaptés. A titre d’exemple, nos maintenanciers sont munis d’un kit de réparations non-conventionnelles afin de réaliser des réparations sommaires sur le terrain. Le but est d’éviter toute rupture du rythme de progression des convois. Cela fonctionne très bien car nous parvenons à maintenir une excellente disponibilité de nos véhicules. 

Les convois ne partent jamais seuls, comment intégrez-vous les renforts interarmes et interarmées dans vos missions ? 

L’intégration de capacités interarmes dans un convoi est primordiale, car chacun participe à sa sécurisation. Le génie détecte les IED et ouvre la route, l’infanterie protège le convoi contre les GAT, le joint terminal attack controller (JTAC) coordonne les appuis apportés par les composantes aérienne et aéroterrestre de la Force. Ces unités agissent en lien avec les éléments d’escorte du GTD LOG. Et c’est au chef du convoi qu’il revient de coordonner tous ces éléments. 

Même s’ils sont conscients du danger, mes hommes ont confiance dans leur capacité à y faire face. D’ailleurs, quand ils y sont confrontés, ils restituent les gestes et procédures qu’ils savent appliquer de façon instinctive. 

État-major des armées

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