Sahel : les Etats-Unis nomment Peter Pham émissaire pour le Sahel

Cette décision intervient alors que Washington songe à réduire sa présence militaire en Afrique, notamment dans cette région confrontée à des violences djihadistes.

Les Etats-Unis ont annoncé, dimanche 8 mars, la nomination de leur premier émissaire pour le Sahel, Peter Pham, qui s’occupait jusqu’ici de l’Afrique des Grands Lacs. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, « est heureux de désigner Peter Pham comme le tout premier émissaire pour la région africaine du Sahel afin d’y soutenir les efforts diplomatiques américains pour la sécurité et la stabilité », a tweeté la porte-parole du département d’Etat, Morgan Ortagus.

Sur Twitter, le nouvel émissaire s’est dit « reconnaissant » d’avoir « l’honneur » d’être le premier à occuper ce poste et impatient de s’attaquer avec ses collègues et partenaires internationaux aux « défis sécuritaires et humanitaires » de la région.

Nommé en novembre 2018 émissaire pour l’Afrique des Grands Lacs, Peter Pham était auparavant vice-président du cercle de réflexion Atlantic Council à Washington, dont il dirigeait le programme pour l’Afrique. Présenté comme un « ardent défenseur d’une relation forte entre les Etats-Unis et l’Afrique », il s’était prononcé par le passé en faveur d’une partition de la République démocratique du Congo (RDC).

Lors d’une récente tournée en Afrique, Mike Pompeo avait assuré que les Etats-Unis veilleraient à faire « ce qu’il faut », en partenariat avec leurs alliés, au sujet de la réduction ou non de leur présence militaire sur le continent, notamment au Sahel, confronté à des violences djihadistes. La France, qui mène une opération antidjihadiste forte de 4 500 hommes au Sahel et bénéficie d’une aide logistique de Washington, s’est montrée particulièrement inquiète du réajustement annoncé des forces militaires américaines en Afrique.

Les violences djihadistes – souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires – ont fait selon l’ONU 4 000 morts en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger, soit cinq fois plus qu’en 2016, malgré la présence de forces africaines, onusiennes et internationales.

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