Sahel: les plans de Paris pour réduire Barkhane

Après la mort de treize militaires français au Mali le 25 novembre, Paris précipite la planification de son désengagement, en réflexion depuis septembre.

Prévu de longue date, le conseil restreint de défense consacré au Sahel, qui s’est tenu à l’Elysée dans la matinée du 27 novembre, s’est déroulé dans une ambiance électrique : deux jours plus tôt, treize militaires français avaient péri au Mali dans un accident d’hélicoptères. Présidés par Emmanuel Macron, les échanges ont notamment porté sur les options d’un désengagement progressif de l’opération Barkhane.

Un allégement sur dix-huit mois

Si aucune option de désengagement n’a pour le moment été arrêtée, Paris a fait du sujet une de ses priorités depuis la rentrée de septembre. Ce point est au centre de la feuille de route du nouvel envoyé spécial pour le Sahel et ancien ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot. De son côté, le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), dirigé par le général Stéphane Mille planche sur les options opérationnelles d’un allégement de Barkhane. Si le dispositif ne devrait pas bouger d’ici l’été 2020, un retrait de militaires français est étudié pour le deuxième semestre 2020. Cette première étape à un désengagement progressif pourrait s’étendre sur dix-huit mois. Pour ce faire, Paris table sur l’arrivée, dans le cadre de l’opération Takuba, de près de 400 forces spéciales européennes principalement déployées dans le Liptako-Gourma dès l’été prochain. Dans la foulée, la France souhaite pouvoir désengager plusieurs centaines de militaires de l’opération Barkhane actuellement déployés dans la zone.

Paris pose ses conditions.

C’est durant le conseil de défense du 27 novembre qu’a été actée en toute hâte l’organisation d’un som- met du G5 Sahel à Pau, qui devait initiale- ment se tenir le 16 décembre avant d’être finalement reporté au 13 janvier 2020. Dans un contexte marqué par la multiplication des campagnes anti-françaises ces dernières semaines, le sommet doit entre autres servir à accentuer la pression sur le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, alors qu’aucune avancée majeure dans l’application de l’accord d’Alger, signé en 2015, n’a été constatée). La France plaide par ailleurs auprès de Bamako pour un déploiement des Forces armées maliennes (FAMa) à Kidal. Ouagadougou est aussi dans le viseur de Paris. Depuis plusieurs semaines, les mouvements anti-français se sont multipliés dans le pays, avec le soutien à peine voilé d’une partie de la classe politique burkinabè, à l’instar du ministre de la défense, Chérif Sy . Face à ces violentes campagnes, Paris souhaite un soutien politique plus fort des chefs d’Etat sahéliens. Preuve des premiers résultats obtenus par la France sur le sujet, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) de Mahamadou Issoufou a appelé mi-décembre ses partisans à limiter les diatribes anti-français.

LC

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