Terrorisme :Vers la création de milices d’autodéfense au Burkina Faso  ?

L’insécurité et les massacres en série devenant la norme, le quotidien burkinabé, L’Observateur Paalga, s’inquiète de la réaction des populations dont certaines organisent déjà une résistance armée. Au risque de plonger le pays dans le chaos ?

Le Burkina Faso vit la crise sécuritaire la plus inquiétante de son histoire. Ces deux dernières années, un nombre indéfini de groupes armés prolifèrent au pays des hommes intègres, semant la mort dans les différents villages du pays. Et depuis quelques mois, le rythme des tueries s’accélère, comme le note le quotidien national L’Observateur Paalga.

“On se souvient que le 28 septembre dernier, dans la commune rurale de Zimtanga, province du Bam, seize personnes ont été abattues. Deux jours plus tard, c’était au tour du village de Kargo de recevoir la visite sanglante des terroristes qui y ont fait six victimes. Le 2 octobre, l’attaque de deux villages de la commune de Bourzanga a fait également cinq morts, égrène le journal burkinabé, avant de poursuivre le décompte macabre. 48 heures plus tard, c’est le site d’orpaillage de Dolmané dans la commune d’Arbinda qui a payé aussi un lourd tribut à la ballade funeste ‘d’individus armés non identifiés’ dans le Sahel burkinabé : vingt personnes y ont été massacrées.”

Mobilisation de cent jeunes par village

Les Forces de défense et de sécurité (FDS) du Burkina se montrent complètement dépassées par les événements. “Elles (les FDS) ont comme perdu la bataille du Nord, et l’on croise les doigts pour que la pieuvre terroriste n’étende pas ses tentacules au reste du pays”, espère L’Observateur Paalga. L’urgence est telle que les populations commencent à organiser elles-mêmes la riposte. Le journal indique que les habitants de la ville de Kongoussi, chef-lieu de la province du Bam dans le nord du pays, ont fondé le Mouvement populaire de résistance du Bam.

“Ses initiateurs ont appelé à la mobilisation de cent jeunes par village et par secteur des centres urbains en Comités de défense et de sécurité, détaille le journal. Ces comités, dans leur entendement, devraient venir en appui aux FDS dans leur tâche de sécurisation des frontières, des personnes et des biens.” Loin d’être une nouvelle rassurante, la démarche inquiète le quotidien national burkinabé, qui conclut en rappelant que ce genre d’initiative populaire, déjà expérimentée au Mali voisin, n’a fait qu’aggraver les affrontements communautaires :

Faut-il, pour les besoins d’autodéfense de la population, courir le risque de distribuer des armes de guerre dans nos villes et villages comme des petits pains ? Par ailleurs, comment s’assurer de la bonne moralité des milliers de jeunes qui viendraient à être mobilisés dans les CDS ? […] Prenons donc garde à ce que le remède n’aggrave pas le mal.”

L’observateur paalga

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