Togo/COVID-19 : Faure et ses proches en danger et au dessus des règles ? Que nous cache-t-on?

Le Chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé était aux obsèques du Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly à Korhogo vendredi 17 juillet dernier avec une forte délégation composée des ministres Yark Damehame de la Sécurité et de la Protection Civile, Gilbert Bawara de la Fonction Publique, Sani Yaya de l’Economie et des Finances et Mme Reckya Madougou, Conseillère Spéciale du Président de la République.

A l’occasion, il apparut pour la première fois avec un masque bleu au visage. Depuis la survenance des premiers cas de coronavirus au Togo le 6 mars dernier, c’est la première fois que le « quadramandaire » est sorti du pays. Pour cause. Les frontières togolaises sont fermées depuis le 2 avril dernier.

Le déplacement de Faure Gnassingbé en Côte d’Ivoire avec cette forte délégation suscite de vives polémiques étant entendu que les frontières du Togo restent fermées. En plus, le Président du Togo depuis 2005, est l’un des rares Chefs d’Etat présents à cette cérémonie funéraire. La plupart des pays joue à la prudence et à l’extrême vigilance face à la propagation de Covid-19.

Mais visiblement, Faure Gnassingbé qui n’a aucune ambition majeure pour son pays, s’ennuie dans son Palais. Après la visite avortée au Gabon, il a saisi le décès de Gon Coulibaly pour s’offrir son hobby.

Mais dans quelles conditions la délégation de Faure Gnassingbé a-t-elle regagné le Togo? Il est une obligation au Togo pour toute personne qui revient de l’extérieur soit mise en quarantaine pour 14 jours dans des hôtels réquisitionnés par le gouvernement. Il a été même ajouté le paiement d’une somme de 500.000 FCFA pour tout candidat au retour du pays.

On a souvenance que le ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur Robert Komlan Dussey a, dans une correspondance en date du 26 juin dernier adressée aux missions diplomatiques et consulaires du Togo, donné les précisions sur les nouvelles mesures de la mise en quarantaine des candidats au rapatriement.

« Je vous demande de porter à la connaissance des compatriotes et des ressortissants étrangers bloqués hors des frontières, désireux de rentrer au pays dans le contexte actuel de la pandémie de la Covid-19, que compte tenu des contraintes budgétaires, le gouvernement togolais ne prendra en charge que partiellement les coûts inhérents à l’accueil et au séjour dans les hôtels de confinement », informe le ministre. Il s’agit d’une décision de la Coordination Nationale de Gestion de la Riposte à la Covid-19. D’après celui-ci, un forfait de 500.000 F CFA par personne sera facturé pour la période de 14 jours de mise en quarantaine.

Bien plus, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile Yark Damehame a annoncé dans un autre communiqué en date du 02 juillet dernier que « toute personne se rendant dans un pays limitrophe, pour diverses raisons surtout non officielles (enterrement, mariage, etc) sera soumise dès son retour au pays, aux mesures de confinement de 14 jours à ses frais ».

Des instructions ont ainsi été données dans ce sens aux personnels des forces de défense et de sécurité, afin de veiller à l’application de cette mesure. Le gouvernement assurant la prise en charge partielle des frais inhérents à l’accueil et le séjour dans les hôtels dédiés à la mise en quarantaine, chaque personne majeure soumise à la quarantaine supportera un forfait de 500 000 FCFA (762,24 euros).

En clair, même des Togolais qui vont se rendre à Denu ou tout autre village le long des frontières Togo-Ghana, Togo-Bénin ou Togo-Burkina Faso doivent débourser 500.000 FCFA pour leur mise en quarantaine dans un hôtel réquisitionné par l’Etat togolais.

Aujourd’hui, qu’en est-il de la délégation de Faure en Côte d’ivoire en pleine crise de coronavirus ? Surtout que la Côte d’Ivoire est l’un des pays le plus touché par la pandémie en Afrique. A la date du 18 juillet, 13912 cas avec 91 décès ont été enregistrés.

Depuis le début de cette pandémie, plusieurs chefs d’Etat et des ministres ont communiqué sur leur situation. Certains ont officiellement annoncé s’être mis en quarantaine pour diverses raisons. Mais au Togo, ce n’est pas le cas.

En réalité, le Comité National de Gestion de la Riposte doit communiquer sur la situation de Faure Gnassingbé, des ministres Yark Damehame, Gilbert Bawara, Sani Yaya et Mme Reckya Madougou pour mieux situer la population et rendre plus efficace cette lutte puisque les autorités sont appelées à donner le bon exemple.

Le Correcteur

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