[TRIBUNE] « L’heure est grave, réveillons-nous mes frères !» Cri du cœur de l’opérateur économique Ibrahim Diawara « Stones » sur la situation dans le pays

Suite à la succession d’événements malheureux qui poussent de plus en plus le Mali vers l’abîme, c’est un message à la fois pathétique et mobilisateur que le capitaine d’industrie Ibrahim Diawara, Pdg d’Ibi-Groupe, encore connu sous le sobriquet de Stones, a lancé depuis l’étranger, où il se trouve depuis un mois, à l’intention de ses compatriotes du Mali via les réseaux sociaux.

Avant d’être opérateur économique, il est Malien tout court, tient-il à souligner dans la signature de ce message, qui restera gravé dans les annales de l’histoire du Mali. C’est un véritable cri du cœur dont nous vous livrons le contenu in extenso. Réveillons-nous mes frères. Nous croyions que ça n’arrivait qu’aux autres, malheureusement nous sommes tous en plein dedans. Je suis un Malien tout court. Car je suis né à Bandiagara. Mon père était arrivé à Bandiagara dans les années 40, à l’Hydraulique.

La plupart de mes frères et sœurs sont nés dans cette belle partie du Mali. Tous mes amis d’enfance sont Dogons et Peulhs. Je suis donc Dogon et Peulh, avant d’être Soninké. Je parle peulh comme la majeure partie des dogons de Bandiagara. Nous sommes Peulhs et Dogons en même temps. Je suis Tamashek, car j’ai une belle sœur qui est de Kidal. Je suis Sonrhai, car j’ai des nièces et neveux qui sont Sonrhais. Je suis Bozo, car j’ai des neveux et nièces qui sont Kemesso (Bozo). Je suis Bobo car j’ai une nièce et un neveu Théra, qui sont des Bobos. Je suis Bambara, car j’ai des nièces et des neveux qui sont à moitié Bambara. Je suis Malinké et Kassonkhé, car j’ai des belles-sœurs qui le sont. Je suis Peulh, car le sang peulh coule dans les veines de mes enfants. Je suis donc toutes les ethnies du Mali. Je suis le Mali dans sa globalité. Je considère ce métissage comme la plus grande richesse de ma famille et de mon pays, plus que les tonnes d’or et de coton que nous exportons, car je suis chez moi partout au Mali, du Nord au sud, de l’Ouest à l’Est.

Chers frères, ressaisissons-nous avant qu’il ne soit trop tard ! Comment des populations qui ont vécu en parfaite symbiose peuvent elles s’entretuer aujourd’hui ? Autrefois cité en exemple du vivre ensemble, notre cher Mali ne mérite pas ça. Commerçants, industriels, paysans, chefs entreprises, jeunes leaders, leaders politiques, leaders religieux, chefs de village, femmes leaders, journalistes et bloggeurs, citoyens maliens, faisons une pause pour sauver ce qui peut l’être encore. Nous assistons à la destruction de notre chère patrie sous nos yeux. Ne cherchons pas les raisons et les causes, cherchons à éteindre le feu d’abord. Je suis convaincu que la majeure partie de ces innocents Maliens qui perdent leur vie ne savent même pas pourquoi. Qu’ils soient Peulhs, Dogons, Tamashek, Sonrhais, Bambaras, Bozos, ils sont tous Maliens. C’est le sang malien qui coule dans leurs veines.

Nous sommes tous fils ou petits-fils d’Untel ou Untel, je le sais. Nous sommes tous braves, je le sais également, mais faisons une pause. Ne laissons pas le cœur prendre le dessus sur la raison. Nous serons tous jugés un jour sur nos actes et nos comportements en ce moment crucial pour notre chère patrie. La violence engendre la violence. C’est un cycle sans fin. Arrêtons les propos incendiaires, diffusons des messages d’apaisement, de solidarité, de paix et d’amour.

Le combat du 21ème siècle, qui doit être le combat commun à tous les Maliens, c’est la lutte contre la pauvreté et le sous développement. Que Dieu le Tout Puissant nous montre le chemin de la lumière et non de l’obscurité et de la rancœur. Que Dieu cultive dans nos cœurs l’amour du prochain et non de la haine. Que Dieu nous rapproche de Lui et nous éloigne de Satan. Amen !

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