Un mort après des tirs de la marine marocaine sur une embarcation de migrants

Un bateau de migrants dans le détroit de Gibraltar le 8 septembre 2018. CRÉDITS : MARCOS MORENO/AFP
Un bateau de migrants dans le détroit de Gibraltar le 8 septembre 2018. CRÉDITS : MARCOS MORENO/AFP
(FILES) In this file aerial photo taken on September 08, 2018 shows a boat carrying migrants stranded in the Strait of Gibraltar before being rescued by the Spanish Guardia Civil and the Salvamento Maritimo sea search and rescue agency that saw 157 migrants rescued on September 8, 2018.
They scale barbed-wired topped fences or cross the sea in inflatable boats or jet skis — over 36,000 migrants entered Spain this year seeking a better life in Europe. But courage is not enough to make the trip, almost all of them relied on human traffickers to make the crossing. / AFP PHOTO / Marcos Moreno

Le pilote espagnol du navire qui contenait 25 personnes aurait « refusé d’obtempérer », ont justifié les autorités dans un communiqué.

La marine royale marocaine a ouvert le feu, mardi 25 septembre, sur une embarcation de migrants en Méditerranée qui refusait de répondre à ses sommations, faisant un mort, une Marocaine de 22 ans, et trois blessés, dont un dans un état critique.

La Marine a été « contrainte » d’ouvrir le feu sur un « go fast » (puissante embarcation à moteur), piloté par un Espagnol qui « refusait d’obtempérer »dans les eaux marocaines au large M’diq-Fnideq (nord), ont annoncé les autorités locales dans un communiqué.

Quatre migrants qui se trouvaient à bord ont été blessés, dont une Marocaine qui a succombé à ses blessures à l’hôpital, a précisé un représentant des autorités locales joint par l’AFP.

Ils « voyageaient couchés et n’étaient pas visibles », selon la même source.

La personne décédée avait 22 ans et était originaire de Tétouan (nord), a déclaré à l’AFP le président de l’Observatoire du Nord pour les droits de l’homme Mohamed Benaïssa, basé à Fnideq.

Deux autres blessés sont originaires de la même ville, a-t-il précisé. Le troisième blessé vient d’Al-Hoceima, la capitale régionale du Rif (nord) et se trouve dans un « état critique, le bras amputé » et a été transféré à Rabat, a indiqué M. Benaïssa.

Au total, quelque « 25 personnes naviguaient à bord du bateau, dont les passeurs qui sont espagnols », a-t-il souligné.

Grandes inégalités sociales

Le pilote espagnol n’a pas été touché par les tirs et a été arrêté, a déclaré le représentant des autorités locales. Une enquête a été ouverte.

Depuis début 2018, l’Espagne a enregistré plus de 38 000 arrivées par voie maritime et terrestre, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les autorités marocaines ont pour leur part indiqué avoir fait avorter 54 000 tentatives de passage vers l’Union européenne depuis janvier.

Ces tentatives ont concerné 7 100 Marocains à fin août, selon des chiffres présentés jeudi dernier par le porte-parole du gouvernement marocain.

Depuis début septembre, les réseaux sociaux marocains sont inondés de vidéos montrant des jeunes Marocains en route vers l’Espagne à bord de bateaux pneumatiques.

Selon des statistiques officielles, le Maroc est marqué par de grandes inégalités sociales et territoriales, sur fond de chômage élevé chez les jeunes.

Ceux-ci, qui représentent le tiers de la population, sont particulièrement touchés par l’exclusion sociale, avec 27,5 % des 15-24 ans, soit près de 1,7 million de personnes, hors du système scolaire et sans emploi.

Le Monde Afrique

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