Un soldat d’élite américain bientôt jugé pour des crimes de guerre en Irak

Edward Gallagher, un sous-officier des Navy SEALs, est notamment accusé d’avoir tué des civils et des prisonniers de sang-froid alors qu’il était déployé en Irak.

Prisonnier adolescent poignardé à mort, jeune fille et vieillard abattus au fusil de précision, zones résidentielles visées à la mitrailleuse lourde… Le procès d’Edward Gallagher, un vétéran de 39 ans arrêté en septembre dernier, doit commencer le 28 mai. 

Celui qui dirigeait un commando des célèbres « Navy SEALs », unité d’élite de la Marine américaine devra notamment répondre de meurtre avec préméditation, tentative de meurtre et obstruction à la justice. Le militaire dément toutes les accusations portées contre lui.

Les faits qui lui sont reprochés auraient été commis en 2017 à Mossoul, en Irak, où des troupes américaines avaient été déployées aux côtés des forces irakiennes pour reprendre des quartiers de la ville aux mains des combattants de Daesh.

Ce sont des hommes placés sous ses ordres, horrifiés par les actes de leur supérieur, qui ont donné l’alerte, selon des documents confidentiels divulgués cette semaine par le Navy Times. « Ils ont dit avoir passé plus de temps à protéger les civils qu’à combattre Daesh », a assuré au tribunal l’agent Joe Warpinski du NCIS.

« Il a agi comme un monstre »

Selon des déclarations lues lors d’une audience préliminaire en novembre, certains membres du peloton « Alpha » commandé par Gallagher étaient si bouleversés par son comportement qu’ils ont trafiqué son fusil de sniper pour le rendre moins précis et tiré des coups de semonce pour faire fuir les civils avant que leur chef n’ait le temps d’ouvrir le feu sur eux.

En mai 2017, les forces irakiennes avaient ainsi capturé un combattant ennemi blessé, qui semblait âgé d’environ 15 ans. D’après les témoignages de deux membres des SEALs, alors qu’un médecin était en train d’administrer des soins au jeune homme, le chef Gallagher s’est approché sans un mot et a poignardé le prisonnier à plusieurs reprises dans le cou et la poitrine avec un couteau de chasse. 

Quelques minutes plus tard, le sous-officier avait rassemblé des commandos présents pour une séance de photo près du corps, comme un trophée. Selon le dossier d’accusation, des soldats du peloton ont tenté à plusieurs reprises d’alerter leur hiérarchie au sein des SEALs sur les actes de Gallagher, en vain. 

« Le chef Gallagher a décidé d’agir comme le monstre que les terroristes nous accusent d’être. Il a fourni à Daesh une propagande tombée du ciel. »

Edward Gallagher fait encore figure de héros patriotique aux yeux de nombreux Américains. Une quarantaine d’élus républicains du Congrès ont ainsi écrit une lettre demandant sa remise en liberté. Le président Donald Trump a annoncé le mois dernier qu’il était intervenu afin d’assouplir les conditions de détention du militaire, « en reconnaissance des services rendus à notre pays ».

Sudouest.fr

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